En Allemagne, nouveau vote attendu sur l’immigration, après l’adoption d’une motion des conservateurs grâce aux voix de l’extrême droite

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Les conservateurs allemands pourraient de nouveau s’allier à l’extrême droite, après la grande première de mercredi, dans un climat politique particulièrement tendu. L’Allemagne se prépare, vendredi 31 janvier, à un nouveau vote à fort enjeu au Parlement sur l’immigration, en pleine campagne électorale des élections législatives anticipées du 23 février.

Ces derniers jours, la question d’un rapprochement entre les démocrates-chrétiens (CDU-CSU) de Friedrich Merz, favori des sondages pour les élections législatives du 23 février, et l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), crée un séisme politique dans le pays. Mercredi, les conservateurs ont déjà voté avec l’extrême droite pour faire adopter de justesse une motion à la chambre des députés visant à refuser l’entrée en Allemagne de tous les étrangers sans papiers, y compris les demandeurs d’asile.

Cette décision a brisé un tabou politique dans le pays, où les partis traditionnels se sont toujours refusés à coopérer au niveau national avec l’extrême droite, et suscité une immense controverse. Bien que hautement symbolique, la motion votée est toutefois non contraignante. Mais, à trois semaines des élections législatives, Friedrich Merz soumet cette fois, vendredi matin, une proposition de loi au vote du Bundestag.

Le texte vise à restreindre le regroupement familial des immigrés et étendre les pouvoirs de la police des frontières. Ses chances d’entrer en vigueur d’ici aux élections restent toutefois faibles, car il devrait aussi être approuvé d’ici là par la chambre haute du Parlement, le Bundesrat. Et aucune majorité en sa faveur ne s’y dessine. Cette offensive sur le sujet de l’immigration fait suite à une récente agression au couteau meurtrière à Aschaffenbourg, dans l’ouest du pays, par un Afghan.

Critique d’Angela Merkel contre son camp

La proposition de loi est « contraire au droit européen et international » et viole « les droits de l’homme », estime Amnesty International. Les partis de gauche accusent les conservateurs de briser le « cordon sanitaire » historique autour de l’extrême droite. Ils ne sont pas les seuls. Même l’ex-chancelière Angela Merkel, qui fait pourtant partie de la même formation que Friedrich Merz, a critiqué son attitude « erronée » ayant abouti à façonner « une majorité avec les voix de l’AfD pour la première fois lors d’un vote au Bundestag ».

Les conservateurs allemands ont tourné le dos à la politique d’accueil prônée par Angela Merkel en 2015, jugée laxiste par Friedrich Merz, qui lui a aujourd’hui succédé à la tête du parti. Ils affirment ne chercher aucune alliance à dessein avec l’AfD. Jeudi, il a exclu toute coopération ou pourparlers de coalition avec l’AfD en vue de la formation d’un futur gouvernement. « Je vendrais l’âme de la CDU si je pensais à faire » une alliance de ce type, synonyme, selon lui, de « déclin final pour l’Allemagne », a-t-il affirmé jeudi lors d’un meeting à Dresde.

L’AfD, parti antimigrants et nationaliste, est créditée de plus de 20 % des intentions de vote – deux fois plus que lors du précédent scrutin en 2021 – dans les sondages en vue des législatives. La recherche de futurs partenaires de coalition après le scrutin du 23 février s’est assurément compliquée pour le favori des sondages, qui ne pourra gouverner avec les élus de son seul parti.

Jusqu’ici, le SPD puis les Verts apparaissaient comme les partenaires les plus probables. « Je ne peux plus faire confiance à Merz », a lancé jeudi le chancelier, Olaf Scholz, sur la chaîne ARD. « Notre confiance est ébranlée », lui a fait écho le député écologiste Sven-Christian Kindler. La CDU serre, pour l’instant, les rangs derrière son candidat. « Les responsables d’aujourd’hui doivent réagir aux problèmes migratoires actuels », a défendu le secrétaire général de la CDU, Carsten Linnemann.

Le Monde avec AFP

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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