Désertification : une COP à Riyad pour créer un Observatoire international sur la sécheresse

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Dix jours après la fin de la COP29, s’ouvre à Riyad la 16e Conférence des Parties consacrée à la dégradation des terres. Un «moment décisif» dans le combat contre la sécheresse, estime Antonio Guterres.

Jamais deux sans trois. Après la COP16 en Colombie sur la biodiversité, et la COP29 sur le climat en Azerbaïdjan, une nouvelle COP16 s’ouvre cette fois-ci à Riyad, ce lundi 2 décembre. Elle rassemble 196 pays. Il s’agit de la troisième Conférence des parties de l’année 2024. Au menu de la COP16, la restauration des écosystèmes dégradés et une meilleure gestion des sécheresses. Pas plus de 5000 participants sont attendus en Arabie saoudite, loin des 66.000 inscrits à la COP29. L’événement n’en constitue pas moins un «moment décisif», selon le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Une COP méconnue 

La COP16 Désertification n’est autre que la 16e réunion des parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD). La CNULCD est l’une des trois conventions issue du sommet de la Terre à Rio en 1992. Elle traite de la désertification qu’elle définit comme «la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches par suite de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques et les activités humaines »

La CNULCD a été adoptée à Paris en 1994. Réunie pour la première fois à Rome, la COP Désertification est l’organe décisionnel suprême de la Convention. Elle a lieu tous les deux ans, et réunit 197 parties. Dans l’ombre des COP climatiques, ou à moindre degré des COP sur la biodiversité. 

Terres brûlées, au vent

Cette année, la COP16 a lieu en Arabie saoudite du 2 au 13 décembre. Des dates qui coïncident avec la venue du chef de l’État français, Emmanuel Macron. En marge de la COP16, le président français devrait assister au One Water Summit, un sommet mondial sur la gestion de l’eau. Une gestion rendue plus difficile par l’aridification des terres. Un phénomène qui touche particulièrement les pays du Sud. 

L’objectif de la COP16 est clair : s’unir contre l’avancée des déserts et les pollutions qui rendent les terres stériles. L’ONU estime à 40% le nombre de terres dites dégradées. Un sol est considéré comme dégradé lorsqu’il a perdu une partie de ses fonctions, telles que nourrir les plantes ou les animaux, filtrer les eaux, ou encore celle d’abriter une importante biodiversité.

Restaurer plus d’un milliard d’hectare de terres

Si la tendance se poursuit, alerte l’ONU, «il faudra restaurer 1,5 milliard d’hectares de terres d’ici 2030 pour parvenir à un monde neutre sur le plan de dégradation des terres»

Lors du dernier rendez-vous il y a deux ans à Abidjan, les parties s’étaient justement fixé l’objectif de restaurer un milliard d’hectares de terres dégradées d’ici 2030.

Une remise en l’état qui sera à l’ordre du jour des discussions à Riyad. «Deux nouvelles décisions sont fortement attendues : l’une sur la résilience face à la sécheresse et l’autre concerne l’intégration de la question des systèmes alimentaires dans la lutte contre la dégradation des terres »explique Jean-Daniel Cesaro, géographe au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). 

Enjeux financiers 

Ces quinze jours de discussions diplomatiques devraient aboutir à la création d’un Observatoire international de la résilience face à la sécheresse, et à une coordination renforcée des travaux de recherche. La question du financement alloué à la restauration des terres sera centrale. D’après un responsable de l’ONU interrogé par Reuters, il faudrait investir 2600 milliards de dollars d’ici 2030 pour restaurer les terres dégradées.

Un résultat très ambitieux, surtout au regard des résultats mitigés obtenus lors de la COP29. En parallèle, la Convention demande « demande un budget de fonctionnement beaucoup plus élevé que par le passé», indique Patrice Burger, de l’ONG Cari, au micro de RFI. «Parce qu’il y a plus de missions, il y a plus d’enjeux. Ça va aussi être un objet de négociation.»

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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