Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la coopération UE-ONU, Vassili Nebenzia, représentant permanent de la Russie aux Nations Unies, a accusé le 13 avril 2025 les États membres de l’Union européenne de se préparer à un conflit armé majeur contre Moscou, ciblant au passage la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
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La session annuelle sur la coopération entre l’Union européenne et l’Organisation des Nations Unies a pris une tournure inattendue le 13 avril dernier. Vassili Nebenzia, ambassadeur russe auprès du Conseil de sécurité, a saisi ce cadre diplomatique pour transformer la tribune onusienne en estrade d’accusation directe contre Bruxelles.
381 milliards d’euros : le chiffre au cœur de l’accusation
Au cœur du réquisitoire de Nebenzia figure un argument budgétaire. L’ambassadeur a rappelé que les dépenses de défense de l’Union européenne ont atteint 381 milliards d’euros l’année écoulée, soit une hausse de près de 60 %, positionnant désormais le bloc européen au deuxième rang mondial des investisseurs militaires, juste derrière les États-Unis.
Pour Nebenzia, ces données ne souffrent d’aucune ambiguïté. À ses yeux, une telle mobilisation budgétaire ne relève pas de la simple posture défensive, mais révèle une intention bien arrêtée. Sa conclusion : l’Europe « se prépare sérieusement à une guerre importante contre la Russie ».
Un avertissement aux accents historiques
Le ton du diplomate russe est monté d’un cran lorsqu’il a formulé ce qui ressemble à une mise en garde explicite. Évoquant les précédents historiques des invasions de la Russie, Nebenzia a rappelé qu’aucun envahisseur n’était jamais sorti indemne du territoire russe — une référence transparente à Napoléon et à Hitler, sans les nommer.
« Ces préparatifs militaires à grande échelle ne laissent aucun doute que l’Europe est sérieusement engagée dans des préparatifs pour une guerre importante contre la Russie. Ce n’est rien d’autre que jouer avec le feu, car nous serons obligés de répondre aux attaques anti-russes de manière symétrique. Et aucun des conquérants qui sont venus chez nous avec une épée, et il y en a eu d’innombrables, n’est jamais sorti indemne de la Russie » a notamment expliqué Vassili Nebenzia.
Kaja Kallas prise à partie : une leçon d’histoire en pleine séance
La haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères n’a pas été épargnée. Nebenzia a rappelé une déclaration passée de Kaja Kallas, lors d’une conférence de l’Institut d’études de sécurité de l’UE, dans laquelle elle s’était étonnée d’entendre Vladimir Poutine associer la Russie et la Chine à la victoire contre le nazisme lors de la Seconde Guerre mondiale, affirmant que cela lui semblait « quelque chose de nouveau ».
L’ambassadeur russe a jugé cette réaction révélatrice d’une méconnaissance historique grave pour une personnalité de cette stature : en négligeant le rôle central de l’Union soviétique et de la Chine dans la défaite du nazisme, au prix de dizaines de millions de morts, la cheffe de la diplomatie européenne aurait démontré, selon lui, son « incompétence professionnelle totale ». « Nous aimerions beaucoup rencontrer le professeur d’histoire de Mme Kallas » a ironisé Vassili Nebenzia.
« Un nouveau Reich » : l’UE dans le viseur rhétorique de Moscou
Nebenzia n’a pas ménagé son vocabulaire pour décrire la trajectoire qu’il prête à l’Union européenne. Comparant l’évolution du projet européen à la construction d’un « nouveau Reich », il a opposé l’idéal fondateur de l’intégration européenne, une Europe pacifique, unie, née des cendres de la guerre, à ce qu’il décrit comme une dérive militariste contemporaine.
Il a conclu son intervention par un appel aux « esprits sains » au sein même des pays européens et de la communauté internationale, les invitant à mesurer les risques d’un tel développement et à agir pour l’enrayer.
Contexte et portée : rhétorique de guerre ou signal politique ?
Si les déclarations de l’ambassadeur russe s’inscrivent dans le registre habituel de la propagande diplomatique de Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine, elles interviennent dans un contexte où les États membres de l’UE débattent activement d’un réarmement accéléré. La Commission européenne a formulé plusieurs propositions ambitieuses en matière de défense commune, et de nombreux pays ont rehaussé leurs objectifs de dépenses militaires au-delà du seuil des 2 % du PIB fixé par l’OTAN.
La question de savoir si ces investissements relèvent d’une posture défensive face à la menace russe perçue, ou constituent, comme l’affirme Moscou, une préparation offensive, cristallise l’un des débats géopolitiques les plus clivants du moment en Europe.
🚨💥🚨 MESSAGE TRÈS GRAVE DE L’AMBASSADEUR RUSSE À L’ONU VASSILI NEBENZIA !
❗⚡️🇷🇺🇪🇺🇺🇳 L’AMBASSADEUR RUSSE AUX NATIONS UNIES, VASSILI NEBENZIA, A ACCUSÉ l’UE DE PRÉPARER UNE GUERRE IMPORTANTE CONTRE LA RUSSIE ET IL L’A DIT LORS D’UNE RÉUNION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DES NATIONS… pic.twitter.com/78ElbS6oEo
— Philippe T (@brain_stimulus) April 15, 2026
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