Avec le pape François, le retour d’une diplomatie active mais clivante du Vatican

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Pape « du bout du monde », contrairement à ses prédécesseurs européens, Jorge Mario Bergoglio a introduit dans la diplomatie vaticane une perspective venue du Sud, version Amérique latine. Elle a surpris, intéressé, parfois désarçonné et même scandalisé. Elle s’est d’emblée inscrite dans un monde globalisé, où les problèmes sont intriqués et les acteurs interdépendants. « Tout est lié », répétait-il.

Pour lui, les conflits, les désordres viennent des inégalités économiques entre pays, du pillage des richesses naturelles du Sud, des ventes d’armes, de la prédation environnementale et des prétentions des Occidentaux à diffuser leur mode de vie, ce qu’il appelait la « colonisation idéologique ». Semant la pauvreté et disloquant les équilibres sociaux traditionnels, ces facteurs entraînent migrations, terrorisme et guerres. Et, dans bien des cas, la responsabilité occidentale est engagée.

Les Etats-Unis et l’Europe sont aussi au banc des accusés lorsqu’ils ferment leurs portes aux migrants. Pour réveiller les consciences, François a multiplié les gestes symboliques. Bousculant l’Europe, « grand-mère stérile » et égoïste à ses yeux, il s’est rendu à Lampedusa puis à Lesbos, dont il a ramené trois familles syriennes. Les Hispaniques des Etats-Unis, eux, ont encore en mémoire la messe géante dite à Ciudad Juarez en 2016, tout contre la clôture qui ferme la frontière entre le Mexique et son voisin septentrional en pleine campagne des primaires américaines, où l’édification d’un mur, promise par Donald Trump, était un thème central.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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