« Désignation des fédérations hôtes de la phase finale des Coupes du monde 2030 et 2034 ». La Fédération internationale de football (FIFA) n’a pas employé le mot « vote » au point 8 de l’ordre du jour de son congrès en visioconférence, mercredi 11 décembre, lors duquel les 211 fédérations nationales membres valideront les hôtes de ces deux éditions des Mondiaux masculins. Pour cause, c’est par acclamation et « en bloc » que ces derniers seront entérinés de manière simultanée.
Le 3 octobre, le conseil de la FIFA, le principal organe décisionnel de l’instance, a décidé, à l’unanimité, de mettre en place ce mode de scrutin et de rompre avec la règle, pourtant inscrite dans ses statuts, selon laquelle deux Coupes du monde ne peuvent pas être décernées lors d’une même session – une mesure qui avait été décidée dans le sillage des controverses et soupçons de corruption liés à l’octroi, le 2 décembre 2010, des éditions 2018 à la Russie et 2022 au Qatar, lors de deux scrutins successifs. Mais, sous l’impulsion de son président, Gianni Infantino, la FIFA avait adopté un amendement, lors de son congrès du mois de mai, donnant audit conseil l’autorisation d’y déroger, de manière « spécifique ».
De surcroît, seules deux candidatures sont soumises à approbation mercredi : celle du trio Espagne-Portugal-Maroc pour 2030, avec une poignée de matchs délocalisés en Uruguay, Argentine et Paraguay afin de célébrer le centenaire du tournoi ; celle de l’Arabie saoudite, qui a bénéficié d’un calendrier resserré et taillé sur mesure, pour 2034.
Pour atténuer les critiques, la FIFA devrait faire approuver ce mode de scrutin, mercredi, par les 211 fédérations nationales membres. Mais de nombreuses sources, contactées par Le Monde, ironisent sur un procédé « opaque et verrouillé », qualifié par certains de « bouffonnerie », sur fond « d’arrangements et de deals bien en amont de l’attribution » entre les confédérations continentales, notamment européenne (UEFA) et asiatique (AFC). Certaines fédérations nationales « préfèrent se réfugier derrière le processus de la FIFA, car elles ont une peur bleue que leur soutien à l’Arabie saoudite soit connu publiquement ». L’instance « est retombée dans ses travers de 2010, en deux voire trois fois pire », considère un ancien salarié. L’ex-secrétaire général de la FIFA Jérôme Valcke s’étonne, quant à lui, de ce processus alors que la FIFA « était revenue à une attribution simple et non pas combinée » depuis les controverses d’il y a quatorze ans.
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