Ses scènes de femmes s’opposant à des hommes résultent-elles du viol que cette artiste a subi jeune ? Le Musée Jacquemart-André apporte, dans une trop courte exposition, une réponse nuancée.
Jusqu’à l’après-guerre, la peintre Artemisia Gentileschi, née à Rome en 1593 et emportée à Naples par la peste qui ravagea l’Italie vers 1656, était à peu près oubliée. Il a fallu la découverte des actes du procès consécutif au viol qu’elle avait subi en 1611 par Anna Banti, épouse du grand historien de l’art Roberto Longhi, chercheuse et auteur de textes de science-fiction féministe, pour que son nom revienne.
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Banti a tiré une première biographie. Trente-cinq ans plus tard, l’intégralité du dossier judiciaire paraissait aux Éditions des Femmes. Avec, notamment, un commentaire de Roland Barthes. Et, en 1998, l’auteur de romans historiques à succès Alexandra Lapierre livrait Artemisia, blockbuster paru chez Robert Laffont tandis que la réalisatrice Agnès Merlet signait un biopic. Lorsque le mouvement #MeToo s’est enclenché, Artemisia était donc toute prête pour s’imposer d’évidence comme la figure archétypale de l’opprimée. Et le succès de sa peinture – attesté de son vivant dans toutes les…
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