Le rappeur canadien reproche à la maison de disques et à la plateforme de streaming d’avoir utilisé des robots pour « augmenter artificiellement la diffusion de Not Like Us », un titre dans lequel l’Américain le qualifie de « pédophile certifié ».
La brouille musicale entre Drake et Kendrick Lamar a pris une nouvelle dimension. Loin des « diss-tracks » – chansons ayants pour but d’attaquer un ou plusieurs autres rappeurs – que se renvoient les deux artistes depuis le début de l’année, le Canadien s’est tourné vers les tribunaux en lançant une action judiciaire contre Universal Music Group.
La maison de disques est en contrat avec Kendrick Lamar par l’intermédiaire d’Interscope Records, mais aussi avec Drake via le label Republic Records. Universal est accusée par ce dernier « d’avoir lancé un “système” illégal impliquant des robots, des pots-de-vin et d’autres méthodes » au moment de la promotion du titre Not Like Us de Kendrick Lamar, sorti le 4 mai. Dans la guerre menée entre les deux rappeurs, ce morceau a rencontré un énorme succès : 96 millions d’écoutes en sept jours, numéro un du billboard américain et dans le top 10 des titres les plus écoutés à la radio.
Kendrick Lamar – Not Like Us (2024)
Tromper les auditeurs
Un « mystère » pour la société du rappeur canadien, Drake’s Frozen Moments LLC, qui a donc décidé de déposer le lundi 25 novembre au tribunal de Manhattan une requête de « pré-action » contre UMG. Le but ? Obtenir plus d’informations avant le dépôt d’une potentielle plainte. Les avocats de Drake reprochent principalement à UMG d’avoir « lancé une campagne visant à manipuler et à saturer les services de streaming et les ondes ». Soit des « pratiques commerciales trompeuse et de la publicité mensongère ». L’interprète de God’s Plan (2018) accuse la maison de disques d’avoir coupé les tarifs de ses licences pour Spotify – qu’il incrimine aussi – à hauteur de 30 %, en échange d’une meilleure recommandation du titre de son rival.
Selon Drake et ses avocats, de nombreux auditeurs seraient tombés sur le morceau alors qu’ils recherchaient « des chansons et artistes sans rapport ». UMG aurait, à les en croire, « utilisé des “bots” afin d’augmenter artificiellement la diffusion de Not Like Us et de tromper les consommateurs en leur faisant croire que la chanson était plus populaire qu’elle ne l’était en réalité ». Le dossier cite également les allégations d’un « lanceur d’alerte » qui explique avoir été payé 2 500 dollars pour mettre en place des « robots logiciels » diffusant la chanson en boucle pour « en faire un hit ». Il s’appuie aussi sur les retours de plusieurs fans qui, en demandant à l’assistant vocal d’Apple de jouer l’album Certified Loverboy (2021) de Drake, seraient tombés sur Not Like Us. Drôle de coïncidence quand on sait que Kendrick Lamar a détourné le nom de cet album en « pédophile certifié » il y a quelques mois.
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Les représentants de Drake ajoutent que « les stratagèmes d’UMG […] étaient motivés par le désir des dirigeants d’Interscope de maximiser leurs propres profits ». Mais aussi de promouvoir la discographie complète de Kendrick Lamar. Le rappeur canadien aurait tenté à plusieurs reprises « d’engager des discussions avec UMG pour résoudre le préjudice qu’il a subi ». La maison de disques aurait alors refusé ces approches et l’aurait même incité à poursuivre en justice son rival, promettant de l’accompagner dans sa procédure.
« Aucun argument juridique artificiel et absurde dans cette demande préalable ne peut masquer le fait que les fans choisissent la musique qu’ils veulent entendre »
Universal Music Group
Kendrick Lamar n’a pour le moment pas réagi. De son côté, Universal Music Group a affirmé à Variety que « l’idée selon laquelle UMG ferait quoi que ce soit pour nuire à l’un de ses artistes est offensante et fausse ». La maison de disques a également ajouté : « Aucun argument juridique artificiel et absurde dans cette demande préalable ne peut masquer le fait que les fans choisissent la musique qu’ils veulent entendre ».
Un clash entre deux poids lourds
Cette bataille judiciaire est la dernière résurgence de la brouille entre les deux artistes qui dure depuis mars. Kendrick Lamar s’en était pris à Drake sur le titre Like That de Future et Metro Boomin. Ces clashs entre poids lourds font partie de la culture hip-hop. Drake, le rappeur qui a engrangé le plus de recettes dans le monde l’an dernier, et Kendrick Lamar, grand nom du rap auréolé d’un prix Pulitzer, ne s’apprécient guère.
Né à Los Angeles, le rappeur star de la Côte ouest accuse son rival canadien et métis d’être un «colonisateur» de la culture noire américaine. Dans Meet the Grahams, il affirme que Drake – de son vrai nom Aubrey Graham – a une fille cachée. De son côté, Drake a lancé le morceau Family Matters, dans lequel il suggère que des infidélités voire des abus ont entaché la relation entre Kendrick Lamar et sa fiancée. Dans The Heart Part 6, Drake nie en outre toute relation inappropriée avec des mineures : « Je ne regarderais jamais deux fois une adolescente ».
Kendrick Lamar – Meet the Grahams (2024)
Drake attaque le nouvel album de Kendrick
Cette semaine, le rappeur canadien s’en est aussi pris au nouvel album de Kendrick Lamar, GNX. Numéro 1 des ventes dans plus de 100 pays, le disque a été fortement critiqué par Drake. Visé par une ligne dans cet album, l’artiste n’a pas mâché ses mots lors d’un live avec le créateur de contenu xGC : « Je suis là, comme tu peux le voir, complètement intact… Tu as besoin de faits pour m’abattre, les contes de fées ne suffiront pas ».
Et parce qu’il faut toujours ajouter de l’huile sur le feu, Drake a programmé le début de sa prochaine tournée en Australie au 9 février, soit le jour où Kendrick Lamar aura les honneurs de la mi-temps du Super Bowl, l’un des concerts les plus exposés au monde.
Drake – Family Matters (2024)
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