Après un parcours plus que chaotique depuis 2019, le centre du Stade Toulousain va être aligné pour la troisième fois d’affilée au centre de l’attaque tricolore.
Enchaîner, enfin. Dimanche, face à l’Italie, Pierre-Louis Barassi va connaître une troisième titularisation d’affilée en équipe de France. Une première dans sa carrière internationale jusque-là chaotique, à cause des blessures à répétition, depuis ses débuts internationaux face aux Tonga (23-21) lors de la Coupe du monde au Japon, il y a six ans déjà. Ce qui explique qu’à bientôt 27 ans, il ne compte que 5 sélections. En ce début de saison, il s’est mis en lumière au Stade Toulousain. Tranchant dans ses courses, précis dans ses choix et précieux au cœur du jeu des champions de France et d’Europe.
L’Alsacien de naissance – arrivé sur les bords de la Garonne en 2022 en provenance de Lyon – a vécu un début de saison plein en club, qui lui a permis de se faire une place au sein du XV de France. «Je kiffe ! Je n’avais jamais eu la chance d’enchaîner comme ça, a-t-il confié mercredi en conférence de presse. Je sais d’où je viens, je sais combien il a été compliqué d’être à nouveau appelé. Je profite donc de chaque instant avec les mecs. Il y a des saisons où je n’ai pas pu “matcher”, où je n’étais pas à mon meilleur niveau…»
C’est une bonne chose qu’on soit tous challengés. Ça ne fait jamais plaisir quand ça nous arrive et j’ai d’ailleurs déjà vécu cette situation
Pierre-Louis Barassi
Y a-t-il eu un déclic qui lui a permis d’enfin franchir un cap ? «Je ne sais pas… Je suis arrivé très jeune en équipe de France, je n’étais pas forcément mature. J’ai depuis appris plein de choses sur ma tête et mon corps. Le travail paye et j’en suis très content.» Et le trois-quarts centre des Rouge et Noir, champion du monde des moins de 20 ans en 2018, d’ajouter : «L’an passé, j’ai fait des bons matchs mais j’ai aussi été aussi ralenti par les blessures. Dans le sport de haut niveau, c’est toujours compliqué de revenir. Surtout au Stade Toulousain où la concurrence est solide. À chaque fois, je mettais du temps pour revenir à mon niveau. Ce n’est plus le cas, cette année.»
En l’absence de la paire de centres emblématique Jonathan Danty– Gaël Fickou, il enchaîne avec le Bordelais Yoram Moefana, un habitué de Marcoussis depuis la prise de fonction de Fabien Galthié. «On doit faire mieux, on le sait mais pour l’instant, ça se passe bien», reconnaît celui qui prépare, en parallèle à sa carrière de sportif de haut niveau un master en management. Ajoutant qu’il se «sent bien avec Yoram et je pense que c’est réciproque. On a des connexions, on est complémentaires. Il a un profil de numéro 12 et moi de numéro 13, davantage porté sur les extérieurs.»
Quand tu es performant au Stade Toulousain, tu n’es pas très loin d’être sélectionnable, ou en tout cas de participer à ces listes-là
Ugo Mola
La mise à l’écart, cette semaine, de Matthieu Jalibert et Damien Penaud lui a, en tout cas, rappelé que rien n’est acquis en équipe de France. «On aime les mecs et on est tristes pour eux, évidemment. Mais le haut niveau, c’est comme ça.» Piqure de rappel. «Il n’y a pas de remises en cause, juste des rotations, comme dans toutes les équipes, avance-t-il. Tout se fait par rapport aux performances des derniers week-ends. Ce groupe France est composé de quarante-deux joueurs performants. On le vit donc de manière normale. Notre objectif et celui du staff, c’est d’être le plus performant possible.» Une émulation positive, selon lui : «Ça fait monter le niveau d’exigence et la compétitivité au sein du groupe. C’est une bonne chose qu’on soit tous challengés. Ça ne fait jamais plaisir quand ça nous arrive et j’ai d’ailleurs déjà vécu cette situation.»
À lire aussi
XV de France : «Je touche du bois pour que ça continue», le retour gagnant de Pierre-Louis Barassi avec les Bleus
«Il a manqué pas mal de départs depuis un bon moment, à cause de petits tracas, de petites blessures, sans que personne ne l’oublie finalement, parce que c’était un gros potentiel», avait estimé Patrick Arlettaz, l’entraîneur de l’attaque du XV de France, au début du Tournoi. Sa réussite actuelle n’étonne pas son manager Ugo Mola. «Quand tu es performant au Stade Toulousain, tu n’es pas très loin d’être sélectionnable, ou en tout cas de participer à ces listes-là», avait-il souligné récemment. Rappelant que son centre a longtemps fait des allers-retours à Marcoussis pour rien : «C’est le joueur (toulousain) qui a été le plus mis à disposition pour l’équipe de France depuis 5 ans.» Mais qui, cette année, arrive enfin à enchaîner sous le maillot bleu.
Source du contenu: www.lefigaro.fr
