Le 28 janvier 2024, Matthieu Pavon s’offrait un exploit inattendu en s’imposant au bout du suspense au Farmers insurance open de Torrey Pines, à San Diego (Californie), devenant ainsi le premier Français à remporter un tournoi du PGA – le circuit le plus prestigieux – dans l’ère moderne. Près d’un an plus tard, le dénouement de l’élection à la tête de la Fédération française de golf (FFGolf) a offert bien moins de rebondissements. Seul candidat à sa réélection, Pascal Grizot a obtenu 97,8 % des suffrages des 1 065 votants (des propriétaires de clubs et présidents des associations sportives), mercredi 4 décembre, et repart donc pour un second mandat de quatre ans.
Au cœur d’une période électorale parfois mouvementée dans les fédérations sportives, le golf fait figure d’exception. « Ça n’a pas toujours été le cas, mais la filière du golf est actuellement unie derrière la fédération. C’est une marque de confiance », estime Pascal Grizot, ancien propriétaire de plusieurs supermarchés aujourd’hui à la tête d’un fonds d’investissement. Lors de sa première candidature, en 2020, l’homme d’affaires de 62 ans était également seul à briguer la tête de l’instance, après en avoir été le vice-président de 2009 à 2020. « Forcément, c’est plus agréable pour moi de ne pas avoir besoin de faire une campagne, j’ai pu continuer à travailler à la fédération pendant ce temps-là », explique-t-il
Son premier mandat a été marqué par la gestion de la crise sanitaire du Covid-19 et les polémiques liées aux autorisations dont bénéficient les golfs pour arroser leurs greens (la partie tondue à ras autour du trou), même en période de sécheresse. Ces passe-droits ont provoqué la colère de militants écologistes, qui ont mené de nombreuses opérations de dégradation dans plusieurs clubs lors de l’été 2023.
Présent dans les médias
En début d’année, Pascal Grizot s’est aussi retrouvé en première ligne pour défendre son sport face aux attaques adressées par la députée Mathilde Panot (La France insoumise) à l’approche des élections européennes. « Les riches votent ! Les racistes et les golfeurs aussi. Et vous ? », avait-elle publié sur ses réseaux sociaux en février 2024. Le président de la FFGolf lui avait répondu par une lettre ouverte et en intervenant dans les médias, notamment dans l’émission « Touche pas à mon poste », sur C8.
« Des limites avaient été dépassées, il y avait une forme d’injustice dans cette campagne, explique Pascal Grizot. Mais ces attaques nous ont offert l’occasion d’avoir de l’attention médiatique, ce qui n’est pas souvent le cas. On en a profité. » Président de la septième fédération sportive en France au nombre de licenciés – 440 000 –, Pascal Grizot pourrait briguer un troisième et dernier mandat en 2028. Reste à savoir s’il aurait cette fois un adversaire face à lui.
Source du contenu: www.lemonde.fr
