Pour la Maison Blanche, il ne s’agit que de « conflit d’emplois du temps ». Reste que plusieurs joueurs des Philadelphia Eagles, vainqueurs du Super Bowl en février aux dépens des Kansas City Chiefs, n’ont pas assisté aux célébrations de leur titre avec Donald Trump, lundi 28 avril.
Depuis les années Reagan (1981-1989), la tradition outre-Atlantique veut que les clubs sacrés dans des compétitions majeures fêtent leur titre dans le cadre d’une rencontre avec le président des Etats-Unis, à Washington. Mais, lors du premier passage du chef de file du mouvement MAGA (Make America Great Again, « rendre sa grandeur à l’Amérique ») dans le bureau Ovale, plusieurs d’entre elles avaient dérogé à la règle, dont la franchise de football américain pennsylvanienne, en 2018. Une manière de s’opposer à la politique menée par son administration.
Selon NBC Sports Philadelphia, AJ Brown, DeVonta Smith, Jalen Carter, Jordan Davis et Brandon Graham figuraient parmi les absents, lundi. Comme le quarterback des Eagles et MVP (most valuable player, « meilleur joueur ») de la finale, Jalen Hurts. Et ce n’est pas vraiment une surprise. Interrogé la semaine précédente sur le tapis rouge lors du gala annuel du magazine Time, sur sa présence au raout organisé à la Maison Blanche, l’intéressé avait laissé entendre qu’il n’honorerait pas l’invitation : « Hum… », avait-il seulement répondu, avant de regarder autour de lui, de sourire, puis de s’éloigner.
Peu de voix dissidentes
En avril, le propriétaire de l’équipe, Jeffrey Lurie, avait insisté sur le fait qu’il n’obligerait pas ses troupes à se rendre à la Maison Blanche. « Si vous voulez en profiter, venez, nous passerons un bon moment. Si vous ne voulez pas, c’est tout à fait facultatif », avait-il dit.
Le running back Saquon Barkley, lui, était bien présent à la Maison Blanche et il a été la cible de vives critiques sur les réseaux sociaux. En cause, une partie de golf disputée durant le week-end avec Donald Trump, sur le parcours du milliardaire, à Bedminster, dans le New Jersey, avant de rallier Washington en avion à ses côtés, avant la visite des Eagles – un trajet à bord d’Air Force One que le joueur « a adoré », dixit le président des Etats-Unis.
Saquon Barkley a répondu aux reproches qui lui sont adressés sur X, arguant qu’il « respect[ait] simplement la fonction » et rappelant qu’« il n’y a pas si longtemps », il avait aussi parcouru les fairways avec l’ancien dirigeant démocrate Barack Obama.
Depuis son retour à la tête de l’Etat fédéral, le 20 janvier, Donald Trump a ordonné la fin des programmes de diversité, d’équité et d’inclusion à tous les niveaux de la société américaine, multiplié les attaques contre les personnes transgenres, vilipendé les immigrés, commencé à démanteler les agences fédérales… Sans aucune réaction ou presque de la part des acteurs du milieu du sport.
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