Maillots vintage, ferveur familiale et cortège ultras : soir de fête à Cannes pour une demie de Coupe de France historique

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REPORTAGE – Même si l’AS Cannes ne verra pas le Stade de France après sa défaite en demi-finale de Coupe de France face à Reims (1-2), l’ambiance des grandes années du club a accompagné cette épopée historique.

Les rayures rouges et blanches sont de sortie. Pour ses tours précédents, l’AS Cannes avait dû abandonner sa tunique traditionnelle pour un maillot uni rouge spécial Coupe de France, réservé au Petit Poucet. Mais pour cette demi-finale historique disputée dans leur antre de Coubertin, les «Dragons» ont bien retrouvé leurs deux couleurs mythiques pour affronter droit dans les yeux un adversaire supposé bien supérieur.

Les supporteurs ne s’y sont pas trompés. À chaque offensive, le stade s’est levé comme un seul homme. Pour ce rendez-vous tant attendu face à Reims, pensionnaire des bas-fonds de la Ligue 1 (15e au classement) mais quatre divisions au-dessus de Cannes (National 2), les maillots vintage sont fièrement portés. Ils rappellent le passé glorieux du club formateur de Zidane, qui a connu l’Europe et les ivresses de soirées de printemps.

Il y avait un peu de ça aux alentours du stade, mercredi soir. Alain, chemisette rayée des jours ensoleillés sur la Côte d’Azur, garde dans ses mains la précieuse tunique portée par Franck Durix, dixit «la mobylette», nous rappelle-t-il avec passion. Le maillot «Phénix» en lien avec le sponsor de l’époque de la fin des années 80 et qui ne laisse personne indifférent. «Je l’avais remporté aux enchères», raconte Alain aux côtés de son filleul Julien, à qui il a aussi trouvé un maillot ancien.

De quoi susciter l’émotion de Sébastien Frey, l’ancien gardien international cannois, que l’on croise dans les travées. «Ces maillots me rappellent beaucoup de souvenirs, tout comme ce stade plein», confie-t-il. «L’aventure est magique et Cannes est déjà la révélation de cette Coupe. Cette ferveur accompagne le nouveau projet», poursuit l’ex-portier qui enchaînera bises et selfies.

Coubertin à tout prix

Voilà aussi pourquoi l’AS Cannes souhaitait absolument jouer sur sa pelouse et ne pas se délocaliser comme Dunkerque, la veille, qui a tenté de s’approprier l’enceinte lilloise. Quitte à recevoir quelques critiques sur les tarifs élevés des places pour une équipe de quatrième division… «Je préfère payer plus cher et être à Coubertin que de payer 10 balles pour être à Nice ou Monaco», tranche Enzo, qui nous explique avoir effectué sa scolarité juste en face au lycée professionnel. «Nous, on est nés à Cannes, on est des vrais Boccassiens (le nom du quartier où se trouve le stade, NDLR). Le club fait partie de la ville et on le voit d’autant plus aujourd’hui. On n’est pas que 9000 dans les tribunes», en convient-il avec son ami Cédric.

Depuis le début de la semaine, la ville s’était mise aux couleurs du club, de la mairie aux plus beaux hôtels de la Croisette. 700 personnes se sont aussi réunies dans une fan-zone au marché de Liberté. Traduction de la passion du ballon de son maire David Lisnard, jadis parmi le petit kop ultra.

Vers 19h30, quelque 200 supporteurs sont ainsi arrivés en allumant des fumigènes et sans aucun débordement. Mais cela faisait déjà une heure que d’autres patientaient en reniflant l’odeur des hot dogs pour pouvoir rentrer dans le stade. Pendant la rencontre, les ultras du kop ont même fait répondre la grande tribune en face, d’habitude fermée pour les matchs de championnat mais qui, pour l’occasion, s’est garnie à en laisser quelques personnes debout. À la mi-temps, un DJ est venu rappeler les nuits endiablées azuréennes. Là encore, tout le monde est resté debout.

Kop «Vanni»

À leur droite, un autre kop s’est formé, vêtu de tee-shirts blancs floqués «Vanni», de son nom, Fabio pour son prénom. Le gardien avait annoncé que 150 proches de son entourage familial seraient derrière lui pour la rencontre et pour dresser un autre mur aux frappes rémoises. Mais à deux reprises, la défense azuréenne a reculé et la main du gardien n’a pas été assez ferme.

Devant les anciennes gloires du club présentes (Luis Fernandez, Bruno Bellone, Mickaël Madar, Hervé Renard), l’AS Cannes et son public se sont révoltés, ont parfois dominé, mais n’ont pas pu reproduire les trois exploits réalisés face à des clubs de Ligue 2 (Grenoble, Lorient et Guingamp). L’ambiance était pourtant encore incandescente. Mais lors du prochain match de championnat, une même clochette retentira toujours dans les gradins : celle d’Armando, distributeur officiel de chouchous et qui vient de traverser une nouvelle épopée des «Dragons», qui, au bout du compte, seront revenus dans le vocabulaire du football français.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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