A Bucarest, jeudi 6 mars à partir de 18 h 45, Paulo Fonseca pourrait être autorisé à entraîner son équipe en jour de match, pour la dernière fois avant des mois. Au lendemain de sa suspension jusqu’au 30 novembre, assortie d’une interdiction de vestiaire – avant, à la mi-temps et après une rencontre – jusqu’au 15 septembre, l’entraîneur portugais de l’Olympique lyonnais sera bien présent sur le banc de touche, en Roumanie, pour le huitième de finale aller de la Ligue Europa.
La lourde sanction qui lui a été infligée par la commission de discipline de la Ligue de football professionnel ne s’étend pas aux compétitions européennes. Le pouvoir de le priver de coaching en Coupe d’Europe se trouve entre les mains de la Fédération française de football (FFF), qui ne s’est pas encore prononcée. Dimanche 2 mars, en fin de rencontre face à Brest (Ligue 1), Paulo Fonseca s’en était pris à l’arbitre, Benoît Millot, se rapprochant tête contre tête et lui hurlant dessus.
Malgré le cadre extrêmement contraignant de cette suspension, dans la nuit de mercredi à jeudi, le président de l’Olympique lyonnais, l’Américain John Textor, n’a pas laissé tomber l’entraîneur qu’il rêvait d’engager depuis deux ans, avant de le convaincre de signer, en janvier. Même s’il avait fallu pour cela licencier celui qui était en poste, Pierre Sage. « Joyeux anniversaire Paulo ! Je suis avec toi aujourd’hui, et toujours. Tu as fait une erreur… Tes excuses étaient sincères… Et ta punition est clairement trop sévère. Tu es l’homme qu’il faut pour l’OL et nous allons persévérer. Allez l’OL ! », a-t-il écrit sur Instagram.
« Toutes les solutions possibles de recours »
Mercredi soir, le club rhodanien a déploré, dans un communiqué, « que son entraîneur n’ait pas été jugé sur ses seuls actes, une réaction émotionnelle, sans intention manifeste de s’en prendre physiquement à l’arbitre ». L’OL dit étudier « toutes les solutions possibles de recours » pour réduire la sanction de son entraîneur.
La plus évidente est la commission d’appel de la FFF, mais le club pourrait aussi essayer de défendre Paulo Fonseca devant le Comité national olympique et sportif français, voire dans des juridictions non sportives. Selon L’Equipe, l’OL explorerait plusieurs pistes innovantes pour lui permettre de coacher un minimum.
Présent en conférence de presse, mercredi à Bucarest – où il avait été demandé aux journalistes de ne poser aucune question sur l’affaire en cours –, quelques minutes avant d’être auditionné en visioconférence par la commission qui l’a sanctionné, Paulo Fonseca affirmait qu’il avait « uniquement la tête tournée vers le match ». Son défenseur Moussa Niakhaté, qui l’accompagnait, a insisté sur l’unité du groupe : « Nous sommes tous avec le coach, que nous soutenons à 100 %. Tous Lyonnais. Quand il y a des événements comme ça, on fait corps. Nous jouerons une belle rencontre, que nous essaierons de gagner pour lui. »
Dimanche 9 mars, l’Olympique lyonnais, encore en course en Ligue Europa et prétendant aux places européennes (il se classe 6e en Ligue 1), évoluera pour la première fois sans son coach, à Nice (3e), à l’occasion d’un match capital. En dépit de ce handicap, qui devrait perdurer, l’OL fait front. Une union sacrée qui ne tiendra que si les résultats du club n’en pâtissent pas trop.
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