Le gouvernement a dû puiser dans les réserves d’urgence pour enrayer la flambée des prix. Le pays n’a sans doute plus les moyens humains de réformer sa politique rizicole.
« Y aura-t-il assez de riz ? » La question hante le Japon, patrie de cœur de cette céréale. Pour la première fois, le gouvernement a décidé de puiser 210 000 des 910 000 tonnes de réserves de riz qu’il conserve en cas de péril grave (guerre, famine). Sur le terrain, la panique pointe face aux étals qui se vident. « En juin, il n’y aura plus rien », s’émeut Minoru Yamashita, petit revendeur de riz de Tokyo, devant ses étagères en partie désertes. À cette offre en baisse répond la hausse logique des prix. En janvier, selon le ministère de l’Agriculture, le cours du riz a bondi de 69 % en un an, frappant les ménages au portefeuille.
La situation alimente rumeurs et spéculation. Sur le site de vente d’occasions en ligne Mercari, les revendeurs de riz ont fait leur apparition ! « Ce sont les Chinois ! », clame la rumeur sur internet. L’été dernier, déjà, le pays s’était alarmé devant une offre chiche, appelant cette période celle de « la panique du riz ».
Désormais, à la moindre rumeur, les clients s’affolent
Minoru Yamashita, revendeur de riz à Tokyo
Une récolte médiocre fin 2023
Le riz au Japon est, davantage…
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