L’opérateur leader a présenté ce jeudi sa nouvelle Livebox 7 qui présente des améliorations en matière de performance sur le débit et le Wi-fi.
Faut-il y voir plus qu’une simple anecdote ? Pour la présentation de sa Freebox Ultra en janvier 2024, Xavier Niel avait choisi le faste d’une « keynote » à l’américaine au sein de son siège dans un amphithéâtre plein à craquer. Bouygues Telecom, lui, avait opté pour le chic d’un hôtel particulier donnant sur la Tour Eiffel pour sa « Bbox WiFi 7 ». Ce jeudi matin, c’est dans une boutique Orange dans le quartier Opéra à Paris que le leader du marché a présenté ses deux box internet, la Nouvelle Livebox 7 et la Livebox S.
Une présentation sobre. Mais à la différence de ses rivaux, il ne s’agit pas à proprement parler d’un produit complètement nouveau. La Livebox 7v2, qui a vocation à devenir la Livebox 7, reprend le design de la précédente, présentée en octobre 2023. Le principal atout est à l’intérieur. Embarquant la dernière génération de Wi-Fi (Wi-Fi 7), elle promet une expérience très rapide dans toutes les pièces de la maison. Les débits, eux, vont jusqu’à 8 Gbit/s. Avec ces deux critères, Orange s’aligne sur ses deux concurrents, qui ont annoncé des performances semblables pour leurs derniers modèles. Le Wi-Fi 7 sera aussi disponible pour la Livebox S (milieu de gamme), qui présente un nouveau design vertical comme sa grande sœur pour permettre une meilleure propagation des ondes Wi-Fi, mais sera limité à 2 Gbit/s en matière de téléchargement.
À la différence de Free, dont l’offre Ultra avait dévoilé une offre faisant la part belle aux contenus, Orange n’a pas joué la surenchère. Pour 50 euros par mois, les clients de son rival peuvent ainsi disposer de la dernière box mais aussi d’abonnements à Netflix, Disney+, Prime Video ou encore Canal+ en direct. « Nous préférons laisser le choix à nos clients, en offrant des réductions de 5 euros par mois sur un panel de services (Netflix, Disney+, Paramount+, NDLR), indique un cadre du groupe. Les études que nous avons menées auprès des consommateurs montrent que 50 % d’entre eux ne consomment pas ces services. Ils préfèrent avoir le choix plutôt qu’une offre all inclusive. »
La meilleure qualité de service
Orange fait donc comme Bouygues Telecom le choix de la performance brute pour sa dernière box, qui sera proposée aux abonnés « Up » et « Max » pour des tarifs compris entre 52 et 58 euros après douze mois. L’offre « Max » propose néanmoins un service supplémentaire, Orange Cybersecure, qui permet de protéger 10 appareils au domicile contre les virus et autres attaques, mais permet également de filtrer et bloquer les appels indésirables.
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Suffisant pour convaincre les clients ? Dans sa présentation, le leader du marché a insisté sur la qualité de service de sa fibre, meilleure à l’entendre que ses concurrents. Début janvier, Bouygues Telecom n’avait pourtant pas hésité à brandir les résultats d’un baromètre surveillé par le secteur, Nperf, qui le plaçait devant Orange pour la performance de son Wi-Fi ainsi que la performance de l’internet fixe. Le patron d’Orange France, Jean-François Fallacher, a rappelé qu’il y avait « autant de baromètres que d’entreprises. Nous préférons les mesures de l’Arcep (le régulateur des télécoms, NDLR), plus neutres. Ce n’est pas une entreprise avec laquelle vous pouvez contracter », a-t-il indiqué. Mauvais joueur, Orange ? Il y a quelques années encore, il n’était pas rare de voir le groupe se féliciter lorsqu’il arrivait en tête de l’indicateur.
Les chiffres publiés par l’Arcep début avril en partenariat avec le CSA placent en effet Orange devant ses concurrents sur l’indicateur de satisfaction générale des abonnés fibre. Le groupe arrive en tête sur tous les domaines, notamment la qualité de la connexion internet, la fiabilité de la box, ou encore la qualité du service de télévision. Orange argue qu’il s’agit de la cinquième année consécutive où il devance la concurrence.
Faible inflation du revenu par abonné
Reste à savoir si le dépoussiérage de sa Livebox 7 va lui permettre de continuer sa bonne dynamique sur le fixe entrevue au dernier trimestre 2024. Globalement, le lancement par les opérateurs télécoms français de leurs nouvelles box ne s’est pas accompagné d’une montée en gamme massive de leurs clients. Selon le baromètre de l’Arcep, la facture moyenne d’un abonnement internet haut et très haut débit s’est limitée à 1,5 euro entre fin 2023 et fin 2024. La pression concurrentielle reste en effet très forte : tout en proposant des offres premium, les opérateurs se font la guerre dans le segment du low cost avec leurs marques respectives (RED pour SFR, B&You pour Bouygues, Sosh pour Orange). Selon ZoneADSL, le prix moyen d’une box internet est en avril 2025 de 37,78 euros, en baisse de 9 % sur un an.
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Pour autant, les offres triple play (téléphone fixe, internet, TV) ne montrent pas de signes d’essoufflement. Free vient pourtant de dévoiler une nouvelle offre pure fibre dédiée aux clients n’ayant pas envie d’un décodeur TV ou d’une ligne fixe en plus de leur accès à internet. Du côté d’Orange, on laisse entendre qu’il s’agit d’un marché de niche. « Nous ne voyons pas d’évolution majeure sur ce segment », insiste-t-on du côté du groupe tricolore. Selon les chiffres publiés par l’Arcep ce jeudi, pas moins de 77 % des abonnés internet disposent d’un service de TV couplé à leur abonnement. Et la proportion ne cesse de croître.
Source du contenu: www.lefigaro.fr
