Politique, le choix de la semaine – «Chacun peut faire un petit effort»: le gouvernement face à la hausse des prix du carburant

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En France, face à la forte hausse des prix à la pompe, le gouvernement est mis sous pression par la gauche et l’extrême droite, mais aussi par les professionnels touchés de plein fouet comme les agriculteurs. Mais le gouvernement essaie de temporiser en proposant jusqu’à maintenant des aides financières dédiées uniquement à certains secteurs, dans un contexte budgétaire dégradé.

Face à la flambée des prix de l’énergie, le gouvernement français est mis sous pression. Une pression qui vient d’une part des partis d’opposition, qui martèlent que la réponse du gouvernement est insuffisante et qu’il faut bloquer les prix du carburant – idée défendue par la gauche – ou baisser les taxes – idée défendue par l’extrême droite -. Mais elle émane aussi des professionnels touchés de plein fouet : pêcheurs, agriculteurs, transporteurs routiers prévoient ou ont organisé – ici ou là – des mouvements de grève ou des blocages, d’ampleur jusqu’ici limitée. 

Une situation qui tombe bien mal pour le gouvernement, qui se dit toujours très préoccupé par le contexte budgétaire et plus précisément par le déficit public qu’il souhaite maintenir à 5 % du PIB. Sébastien Lecornu et son équipe se gardent donc bien d’ouvrir les vannes et d’annoncer des mesures d’aide généralisées. Le maître mot, c’est « ciblé ». Concrètement, les mesures d’aide sont fléchées pour le moment uniquement vers les secteurs les plus en difficulté : pêche, agriculture, transport par exemple. 70 millions d’euros ont été débloqués pour ces trois secteurs récemment. Et la semaine prochaine, de nouvelles aides, là encore ciblées, devraient être annoncées. 

« On ne peut pas faire des chèques à tout le monde »

Mais l’exécutif le répète comme pour convaincre : il n’y a pas d’argent magique. « On ne peut pas faire des chèques à tout le monde, chacun peut faire un petit effort », confiait cette semaine une source au sein de l’exécutif. Ce dernier admet qu’il faut aider les Français qui en ont le plus besoin, mais se montre agacé par la tonalité du débat : « Si certains font de la politique, nous, dit-il, on assume nos responsabilités ».

Une critique directe aux oppositions. Pour le gouvernement en effet, ceux qui demandent aujourd’hui dans l’Hémicycle des aides financières seront les premiers, en octobre prochain, à la reprise des débats budgétaires pour le budget 2027, à dénoncer l’aggravation des déficits. Et puis il y a cet autre argument pour dire non à la baisse de taxe sur les carburants : ce serait faire un cadeau aux puissances étrangères qui produisent du pétrole, comme les États-Unis et les pays du Moyen-Orient.

Des arguments qui pourraient devenir de plus en plus fragiles si la situation venait à durer. Le gouvernement doit aussi avoir en tête que l’une des dernières grandes crises sociales en France, celle des «gilets jaunes» en 2018, avait éclaté dans un contexte de hausse des prix du carburant.

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Source du contenu: www.rfi.fr

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