Kérosène : l'aviation mondiale en grande difficulté

Date:

Pénurie de kérosène pour les vacances (UnlimPhotos)

La flambée des prix du pétrole consécutive aux tensions au Moyen-Orient plonge le secteur aérien mondial dans une crise sans précédent. Le kérosène, carburant vital pour l’aviation, est désormais au cœur de toutes les inquiétudes.

Kérosène : l'aviation mondiale en grande difficulté
Pénurie de kérosène pour les vacances (UnlimPhotos)

Le détroit d’Ormuz, nœud d’une crise globale

Depuis plusieurs semaines, les tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran paralysent partiellement le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial. Le baril de Brent a franchi le seuil symbolique des 100 dollars pour la première fois depuis plus de sept ans, tandis que le nombre de franchissements du détroit a chuté depuis dimanche, en raison des restrictions imposées par l’Iran et les États-Unis.
Résultat : le prix du kérosène a explosé, passant de 750 dollars la tonne avant le conflit à près de 1 900 dollars en l’espace de quelques semaines.

Le secteur aérien sous pression extrême

Les répercussions pour les compagnies aériennes sont immédiates et sévères. Le carburéacteur, produit pétrolier raffiné à base de kérosène, constitue le principal poste de dépenses des compagnies aériennes, représentant environ 30 % de leurs coûts totaux selon l’IATA. Son prix a pratiquement doublé depuis le début de la guerre.
En France, Air France a annoncé une surcharge de 100 euros sur les billets aller-retour long-courrier, et la compagnie low-cost Volotea a décidé d’annuler certains vols devenus non rentables. En Europe du Nord, KLM a annoncé la suppression de 160 vols le mois prochain, soit environ 1 % de ses liaisons européennes, invoquant la hausse du coût du kérosène, tandis qu’easyJet anticipe une perte massive sur le premier semestre de son exercice fiscal.

Des stocks qui s’amenuisent dangereusement

Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a tiré la sonnette d’alarme : l’Europe ne disposerait plus que de six semaines de stocks de carburéacteur, et l’AIE estime que si le niveau des stocks passe sous 23 jours, des pénuries physiques pourraient apparaître dans certains aéroports, provoquant des annulations de vols.
Le commissaire européen à l’énergie, Dan Jørgensen, a averti que la situation ne se traduirait pas par une simple hausse passagère des prix, évoquant « des mois très difficiles, voire des années » pour l’Union européenne. Selon lui, le coût de la guerre s’élève déjà à 500 millions d’euros par jour pour l’Europe.

L’Asie en première ligne

Les pays de la zone Asie-Pacifique sont les plus dépendants du pétrole et du carburéacteur en provenance du Moyen-Orient. Des annulations de vols faute de carburéacteur sont déjà signalées dans certaines régions d’Asie.
Pour tenter de pallier les ruptures d’approvisionnement, les États-Unis ont fortement augmenté leurs exportations de carburéacteur vers l’Europe, envoyant environ 150 000 barils par jour en avril, soit près de six fois le volume habituel.

Des réponses institutionnelles insuffisantes

Face à l’urgence, la Commission européenne a annoncé la création d’un « observatoire des carburants » chargé de surveiller les niveaux de stocks de carburéacteur dans l’ensemble de l’Union, afin d’éviter que certains États membres ne constituent des réserves excessives au détriment de leurs voisins. L’Italie, de son côté, a d’ores et déjà mis en place un rationnement dans certains de ses aéroports.
À l’approche de la haute saison touristique estivale, la question n’est plus de savoir si les voyageurs paieront plus cher leur billet d’avion, puisque c’est déjà le cas, mais si les avions pourront tout simplement décoller.

L’article Kérosène : l’aviation mondiale en grande difficulté est apparu en premier sur Infodujour.fr.


Source du contenu: infodujour.fr

Share post:

Populaire

More like this
Related

Liban : la journaliste Amal Khalil tuée par des frappes israéliennes

Reporters sans frontières (RSF) s’offusque et condamne avec la...