De leur lit, repliée sous les draps froids pas encore tiédis par le soleil qui se faufile par la porte-fenêtre grande ouverte de leur studio-cabane au rez-de-chaussée de la résidence, elle les regarde. Eux deux, ses plus proches, ses humains préférés, sa seule famille, avec leur chien, ce grand chevelu souriant et blond qui dort encore, beaucoup, trop grand par rapport à la taille de leur habitation.
Epuisée par la nuit mignonnement guerrière qu’elle a derrière elle, à se lever six fois, elle, seule, parce que lui est rentré épuisé, une fois encore, de par-delà le royaume des petites âmes. Elle, en plein milieu de la nuit, à buter telle une ombre vidée de son sang sur des jouets abandonnés au sol pour aller nourrir et consoler leur bébé. Elle les observe. Au pied du lit, un de ces instants muets bruissant de l’essence de ce que devrait être la vie, un jeu d’équilibre idéal entre assise et délicatesse. Juste la tondeuse à cheveux qui ronronne et les colibris qui fusent en arrière-plan, comme des gros bourdons énervés contournant les abreuvoirs qu’elle vient d’installer sur leur micro-terrasse.
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