On les voit souvent sur les tables des brocanteurs, avec leurs couleurs pastel si désuètes. Carafes et bonbonnières de grand-mère en opaline roses, vert menthe ou bleu pâle auraient-elles réussi à s’extirper de leurs salles de bains à moquette ? On pensait ce savoir-faire de l’opaline, dont la cristallerie Saint-Louis avait fait sa spécialité et qui avait atteint son apogée dans les années 1850, complètement enterré.
Et pourtant, le fameux verre vénitien du XVIe siècle, ce verre d’aspect savonneux, d’abord blanc, par adjonction d’oxyde d’étain, puis opacifié et coloré à partir du XIXe siècle, c’était elle, l’opaline ! Mais, mis à part un cadran d’horloge de gare ou le globe bombé d’un lampadaire de bistrot par-ci par-là, l’opaline était tombée dans l’oubli, aussi ringardisée que la pierre aux reflets irisés qui lui donne son nom, c’est dire…
« Verre de lait »
Aujourd’hui, les tons changent, et quelques designers et enseignes de luminaires bien inspirés redécouvrent ce matériau couleur « verre de lait ». L’architecte d’intérieur Roberta Molteni a, par exemple, imaginé des lampes à poser réalisées à partir d’abat-jour en opaline vintage. La Quincaillerie moderne propose une série de suspensions avec des abat-jour en opaline aux teintes anciennes.
La designer Marie-Victoire Winckler explore les possibilités en trompe-l’œil de l’opaline qui, à travers sa collection de vases et de sculptures lumineuses façon hauts totems, se piquette de touches colorées et opaques. Et la Franco-Américaine Sophie Lou Jacobsen affole les amateurs avec ses luminaires vénitiens aux formes drapées ou crénelées aux tons laiteux.
Lampe RM031, opaline et laiton, design Roberta Molteni, Brossier Saderne, 990 € ; suspension Bistrot, opaline et laiton, La Quincaillerie moderne, 119 € ; lampe Fazzo, opaline et laiton, design Sophie Lou Jacobsen, 4 482€.
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