« Il n’y a pas de page blanche ! Le sol comporte toujours une trace, un vieux bout de bâtiment. L’architecture naît de la confrontation avec ces contraintes. » C’est précisément à partir de ces contraintes que se déploie l’imagination de Philippe Prost, lauréat du Grand Prix national de l’architecture 2022, auquel la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris consacre une rétrospective jusqu’au 23 mars.
Ce spécialiste de la réhabilitation du bâti industriel et militaire a signé des projets considérables, comme la restauration de la citadelle Vauban de Belle-Ile-en-Mer, le réaménagement de l’hôtel de la Monnaie à Paris, la transformation de la Cité des électriciens dans les Hauts-de-France, ou encore la construction de l’Anneau de la mémoire d’Ablain-Saint-Nazaire, grand mémorial international dédié aux 580 000 soldats victimes de la Grande Guerre dans le Nord et le Pas-de-Calais.
Enseignant, à la tête d’un laboratoire de recherche à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville sur les nouvelles techniques et les matériaux de construction, il puise dans l’architecture de guerre – alliance entre innovation, économie de moyens et « rapport symbiotique au paysage, à la topographie » – une source infinie d’inspiration. La création d’un bâtiment ne peut, selon Philippe Prost, se faire sans l’étude minutieuse de son histoire et de son environnement. L’exposition se déroule au cœur des collections permanentes et invite à s’immerger dans la « fabrique du projet ».
Pièces d’archives, vestiges et matériaux prélevés sur place, plans, relevés de relief, maquettes, carnets de croquis annotés, photographies de chantier et vidéos pédagogiques visent à rendre sensibles la réflexion collective, l’enquête au long cours et la rêverie qui ont précédé la vingtaine de réalisations présentées.
« Philippe Prost, La Mémoire vive », Cité de l’architecture et du patrimoine. 1, place du Trocadéro, Paris 16e, jusqu’au 23 mars. citedelarchitecture.fr
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