Une note flatteuse de 93 sur 100 a été attribuée en janvier par l’influent critique américain James Suckling, sur son site Jamessuckling.com (en anglais, sur abonnement), à un blanc de Cahors, concocté par le domaine Château du Cèdre – cuvée « Le Cèdre », 2023. Oui, un blanc, un pur viognier, poussant sur les coteaux de Cahors, réputés depuis toujours pour ses rouges issus du cépage malbec, si denses qu’ils se parent d’une couleur noire dans le verre.
Ces vins renommés du Lot sont exemplaires d’un basculement en France, qui consiste à laisser davantage de place aux blancs en changeant un peu les vignes. A Cahors, le mouvement a commencé il y a une quinzaine d’années, avec l’arrivée des cépages chardonnay, sauvignon, sémillon, muscat d’Alexandrie, chenin… On y produit également des blancs de noir (des raisins noirs donnant des vins blancs) à partir de l’incontournable malbec.
En bouche, les notes d’agrumes, de fleurs blanches et de figue fraîche vont-elles remplacer les saveurs puissantes d’épices, de mûre et de cassis de l’appellation cahors ? Sans doute un peu. On sait que les consommateurs, en particulier les jeunes, goûtent moins les rouges charpentés et se disent en quête de fraîcheur. Du reste, en raison d’une demande en baisse, l’appellation fait l’objet d’un arrachage de 20 % des vignes plantées en malbec.
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