Les frères Bouroullec, ambassadeurs du design français depuis plus de vingt ans, sont longtemps restés dans l’ombre l’un de l’autre. Exposés au MoMa à New York, au Design Museum de Londres ou au Centre Pompidou à Paris, édités par Artek, Alessi, Vitra, Ligne Roset, Samsung ou Kvadrat, leur destin semblait scellé pour l’éternité sous le nom indissociable de Ronan et Erwan Bouroullec. Jusqu’à ce qu’en 2024, les deux prodiges quimpérois, âgés respectivement de 54 et 49 ans, officialisent leur séparation.
« Nous avons accompli un travail en commun extraordinaire, qui a duré très longtemps – un exploit pour un couple de designers, et encore plus pour une fratrie, expliquait Ronan Bouroullec dans Le Monde, en mars 2024, tout en entérinant le fait que leurs « centres d’intérêt [avaient] divergé ». Leur rupture met fin à un quart de siècle de succès, et ouvre une page vierge pour que chacun crée à sa guise.
Erwan Bouroullec, le cadet et le moins connu des deux Bretons, s’est installé depuis un an dans un atelier rue Pelleport, dans le 20e arrondissement de Paris. Un studio sur cour de 300 mètres carrés, avec deux étages sans cloison aucune, et le voilà qui, ces derniers mois, enchaîne les lancements, prenant un plaisir gourmand à expliquer son processus créatif.
En juin 2024, il se trouvait à Copenhague, durant les 3 Days of Design, pour la présentation de son fauteuil de salon Arba – en référence à l’arbalète dont le piètement reprend la forme. C’était sa toute première collaboration avec la marque danoise Raawii, née en 2017 et qui édite notamment les patères Hooks de Nathalie du Pasquier et le tabouret polyvalent Thing de George Sowden, deux membres du célèbre groupe Memphis des années 1980.
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