La première partie de la rue Taitbout (prononcer « têt-bou ») est un peu déroutante, pour un lieu de naissance. Cette oblique apparaît tel un tronçon sans attache, échoué entre les boulevards des Italiens et Haussmann, dans le 9e arrondissement de Paris. Pourtant, dans l’histoire du journal Le Monde, installé là de 1944 à 1988, l’angle partagé entre la petite rue des Italiens et la rue Taitbout est chargé de souvenirs.
A cet endroit, d’immenses camions arrivaient pour livrer les rouleaux de papier vierge. « Du déjeuner au dîner, side-cars et camionnettes s’approvisionnaient en paquets d’imprimés » du quotidien fraîchement sorti, raconte l’écrivain et académicien Bertrand Poirot-Delpech dans Rue des Italiens. Album souvenir (La Découverte, 1990). Le tout dans un joyeux tumulte de « pétarades, jurons, klaxons et encombrements monstres ».
Mais l’histoire de la rue s’est surtout écrite plus loin, de l’autre côté du boulevard Haussmann, poursuivant une ligne désaxée. En cause, sûrement, les allongements progressifs de Taitbout, s’étalant de 1773 à 1854, année où l’artère atteint sa longueur finale. En 1773, la rue prend le nom de Jean-Baptiste Taitbout, greffier du bureau de la Ville de Paris en 1698.
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