Une peine de dix-huit mois de prison avec un sursis probatoire de trois ans a été requise, jeudi 27 mars, contre Gérard Depardieu, jugé à Paris pour des agressions sexuelles sur deux femmes lors du tournage du film Les Volets verts en 2021.
Le procureur a également demandé une amende de 20 000 euros, l’indemnisation des parties civiles, une obligation de soins psychologiques, une peine d’inéligibilité de deux ans et l’inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. L’audience doit se poursuivre avec les plaidoiries de la défense.
Dans son réquisitoire, Laurent Guy a rappelé que les victimes étaient « des femmes en situation d’infériorité sociale et en décalage par rapport à la célébrité de l’agresseur sur le tournage, qui de plus jouit d’une notoriété, d’une aura et d’un statut monumental dans le cinéma français ». Il a également mentionné les différents scénarios proposés par Gérard Depardieu pendant l’enquête et le procès.
« Il n’y a aucun changement de version (…), ce n’est que mensonge », a réagi devant la presse l’avocat de l’acteur, Me Jérémie Assous, fustigeant un réquisitoire au cours duquel il lui-même été critiqué pour ses propos hostiles envers les parties civiles. Gérard Depardieu n’a pas réagi, mais quelques minutes plus tôt il avait déclaré devant la caméra de l’Agence France-Presse être « fatigué ».
« On a assisté à l’apologie du sexisme »
Avant le réquisitoire du procureur de la République, les plaidoiries ont été l’occasion pour les avocates des plaignantes de dénoncer les multiples attaques envers elles et leurs clientes pendant le procès.
« On a assisté à l’apologie du sexisme », a déclaré jeudi l’avocate d’une des parties civiles dans sa plaidoirie au quatrième jour du procès de Gérard Depardieu pour agressions sexuelles, évoquant une stratégie masculiniste et agressive de la défense de l’acteur. « Menteuse, hystérique, allez pleurer ! », a ainsi crié Me Jérémie Assous, l’avocat de la défense, aux deux plaignantes.
« “Salope”, “connasse”, “emmerdeuse”, “te faire jouir”, “moi je suis un vrai mec, j’ai le droit” », a déclamé Me Claude Vincent en ouverture de sa plaidoirie devant une salle médusée. « Tous ces mots (…), c’est ça Gérard Depardieu sur un plateau , c’est ça l’ambiance qu’il impose », a poursuivi l’avocate de l’une des deux femmes. Ce « réquisitoire a fait la démonstration de la culpabilité » de Gérard Depardieu, a estimé Me Carine Durrieu Diebolt, avocate de l’autre plaignante.
L’acteur est par ailleurs mis en examen pour « viols » et « agressions sexuelles » depuis le 16 décembre 2020.
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