Plus jeune, lorsqu’elle s’autorisait à ouvrir cette fenêtre de pensée, elle était convaincue qu’une rencontre serait tout de suite perceptible sur le visage de sa mère. Dès le jour 1 de l’histoire. Forcément, après toutes ces années de célibat. Depuis que sa mère était sa mère, elle se promenait dans la vie enveloppée de cette aura de solitude heureuse, cette fierté de bien vivre sans amour amoureux, d’être parvenue à s’émanciper d’un truc pareil.
Enfant, quand elle y pensait, c’était un événement qu’elle ne pouvait que redouter. Une rencontre amoureuse lui aurait volé sa mère et sa tiédeur de pays d’origine. Adolescente, elle avait eu peur de devoir grandir auprès d’un intrus qui se serait mêlé de son éducation, jugeant sa tutrice légale beaucoup trop laxiste, forcément ; une formation à la dure, à la baguette, sinon c’est la bérézina.
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