Depuis plus de vingt ans, 2005 précisément, Olivier Saillard invente des performances singulières autour du vêtement. L’historien de la mode n’a cessé d’interroger à travers elles la façon dont on le présente (dans un défilé de haute couture ou dans une exposition), le conserve (dans des greniers de famille ou les réserves des musées), dont il nous fascine même quand il est vieux et délabré.
Au fil du temps, il a aussi fini par convaincre son auditoire d’une chose étrange : ces oripeaux que l’on pense vulnérables, fragiles, aussi éphémères qu’une mode, vivent souvent plus longtemps que ceux qui les portent. Pire que cela, ils continuent d’évoluer et de raconter quelque chose bien après la mort de leur propriétaire. Comme s’ils vivaient enfin leur vraie vie, libérés du rôle qu’on leur attribuait.
« Quand, dans un musée, on installe une robe en jersey sur un cintre, si on la laisse trop longtemps, elle pousse, elle continue de grandir », s’amuse-t-il. La maille s’étire, le vêtement s’allonge, quand les gens, eux, se ratatinent.
Pour raconter ces drôles d’histoires, Olivier Saillard prend, cette année, du 6 au 21 mars, ses quartiers à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris, avec un format inédit baptisé « Le Musée vivant de la mode ». L’idée lui est venue après une visite au Musée international et bibliothèque de la musique de Bologne (Italie). Des salles entières d’instruments à cordes ou à vent, de cuivres, de percussions, de claviers bien disposés, sous cloche de verre ou derrière des vitrines.
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