REPORTAGE. – La grande ville frontalière avec la Californie souffre depuis plusieurs années d’une épidémie venue des États-Unis. La nouvelle drogue de synthèse gangrène les quartiers du centre-ville et frappe les populations les plus vulnérables.
Le ciel gris jette un voile terne sur Tijuana. En ce mois de janvier, les températures sont fraîches dans le nord du Mexique et frôlent les 5 °C la nuit. Une légère bruine venue du Pacifique chatouille la nuque. Dans une rue passante à quelques mètres du point frontalier de San Ysidro, le plus transité au monde, des mains décharnées tirent un petit bout de couverture. Les visages enfoncés dans un bonnet se relèvent à l’écoute d’une voix familière. « Tactiques, tactiques. Qui veut des seringues ? », lance Marck à son auditoire. Cet infirmier effectue depuis 2020 des maraudes dans ces quartiers déshérités de la ville, avec son équipe bénévole surnommée « les Infirmiers tactiques ».
Au milieu des déchets survivent une centaine de personnes. Des sans-abri addicts en grande majorité à l’héroïne et au fentanyl. À peine la nouvelle seringue en main, un jeune homme s’injecte sa dose, il le répétera 6 à 8 fois dans la journée. Marck connaît bien les problèmes d’addictions. « À 11 ans…
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