Cette donation intervient après le récent soutien de Jeff Bezos à Donald Trump, qui a suspendu, en février dernier, presque la totalité des financements américains aux aides internationales, dont l’Unicef.
Tous les membres du clan Bezos ne semblent pas soutenir les politiques menées par Donald Trump. Si Jeff Bezos, entrepreneur milliardaire, affiche fièrement son rapprochement avec le nouveau président américain, ses parents et premiers investisseurs, eux, se sont symboliquement opposés au locataire du Bureau ovale. À travers la Bezos Family Foundation, Mike et Jacklyn Bezos ont fait un don historique de 500 millions de dollars à l’Unicef, jeudi 27 mars, à l’occasion du Sommet Nutrition pour la Croissance (N4G) qui se tient à Paris jusqu’à ce vendredi.
«Les besoins sont si grands que personne ne peut répondre seul aux besoins nutritionnels urgents des femmes et des enfants du monde entier», a déclaré Mike Bezos, relayé dans un communiqué de l’Unicef. «Le besoin est urgent. Mais nous avons aussi les solutions. Au sein du CNF (Child Nutrition Fund), nous disposons des outils nécessaires pour améliorer significativement la nutrition et la vie des femmes et des enfants du monde entier. Il nous suffit de nous unir pour agir immédiatement», a-t-il poursuivi.
La directrice générale de l’Unicef, Catherine Russell, a salué ce don «historique». «L’UNICEF est extrêmement reconnaissant envers la famille Bezos pour cette contribution extraordinaire qui sauvera la vie de millions d’enfants», a-t-elle affirmé sur X. Ce demi-milliard de dollars permettra de lancer un mécanisme de cofinancement pour encourager d’autres donateurs privés et publics à répondre aux besoins nutritionnels immédiats et critiques des enfants et des femmes du monde entier.
Récent rabibochage
L’annonce des parents Bezos peut être interprétée comme une réaction à la décision de Donald Trump de geler l’aide internationale américaine, début février. À peine investi à la Maison-Blanche, le président américain a ordonné la suspension de tous les programmes d’aide étrangère des États-Unis pour 90 jours. Cela passe notamment par la suppression de 92% des financements de programmes à l’étranger par l’agence américaine de développement, l’USAID, dans le but de «faire économiser près de 60 milliards de dollars aux contribuables».
Ainsi, cette donation va à l’encontre du récent soutien de leur fils Jeff Bezos à Donald Trump. Il se trouvait d’ailleurs au premier rang de l’investiture du nouveau président, aux côtés d’Elon Musk et de Mark Zuckerberg, en tant qu’invité d’honneur. Pourtant, Trump et Bezos n’ont cessé de se quereller de 2016 à 2020, durant le premier mandat du dirigeant républicain, sur des sujets aussi variés que les impôts d’Amazon ou les articles à charge dans le Washington Post, propriété de Bezos. Mais Trump a «mûri» ces dernières années, selon lui. «Il est plus calme qu’il ne l’était lors de son premier mandat, plus confiant, plus posé», a-t-il poursuivi lors d’un sommet DeelBook, un événement organisé par le New York Times .
Il avait également loué sur X la «grâce et le courage extraordinaire» du candidat républicain après sa tentative d’assassinat en Pennsylvanie. Depuis sa réélection, Jeff Bezos soutient le rôle confié à Elon Musk au sein du gouvernement, avec l’objectif de «démanteler la bureaucratie gouvernementale, couper dans les dépenses inutiles et restructurer les agences fédérales».
Diversifier les donateurs
Pour l’Unicef, ce don est donc une bouée de sauvetage face au fléau de la sous-nutrition des enfants et des femmes dans le monde. L’organisation estime que 148 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent de retard de croissance, tandis que 45 millions d’autres sont touchés par l’émaciation, une forme de malnutrition potentiellement mortelle où l’enfant est trop maigre pour sa taille.
D’après, Carla Haddad Mardini, directrice des dons privés et des partenariats à l’Unicef, il faudrait néanmoins 128 milliards de dollars supplémentaires pour être en mesure de mettre un terme à ces problématiques. L’agence onusienne ne cache pas sa volonté d’augmenter la part des partenaires privés (30 % des dons) tout en maintenant le rôle majoritaire des gouvernements. «La prochaine étape sera d’accélérer la mobilisation des fondations, des entreprises mais aussi du public dans les pays du Sud global, où des philanthropes d’Asie, d’Amérique latine et aussi d’Afrique se font de plus en plus visibles», détaille-t-elle au Monde .
”
data-script=”https://static.lefigaro.fr/widget-video/short-ttl/video/index.js”
>
Source du contenu: www.lefigaro.fr
