REPORTAGE – Dans les campagnes, les femmes, dont les maris et les fils sont partis au front, se chargent des travaux dans les champs et assurent désormais la vie économique et sociale.
Dans la région de Mykolaïv, les stigmates de la guerre marquent les villages jumeaux de Lymany et Lupareve. Des bâches recouvrent les toits endommagés, des panneaux de bois obstruent les fenêtres explosées. Perçant un épais brouillard, se dresse le squelette d’un bâtiment immense, pulvérisé par une frappe, vestige des huit mois où ces terres rurales du sud de l’Ukraine constituaient la ligne de front. Une quiétude trompeuse règne désormais, susceptible de voler en éclats sous les tirs d’artillerie sporadiques russes depuis la péninsule de Kinbourn, à 25 kilomètres au sud.
Mais après trois ans de conflit, la blessure la plus profonde n’est pas d’emblée perceptible. « Notre village ne compte plus aucun homme en âge d’être mobilisé », avoue Natalia Panachii, la maire de Lymany. « Les femmes représentent 75 % à 80 % de la population, le reste étant principalement des hommes de plus de 65 ans. » La population de Lymany et de Lupareve a chuté de moitié depuis 2022, passant de 4 200 à…
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