REPORTAGE – L’attaque à la voiture-bélier sur le marché de Noël a marqué un tournant dans la campagne électorale allemande, propulsant l’insécurité et l’immigration en tête des enjeux.
Brigitte passe, sans même s’en apercevoir, devant l’endroit où le forcené a stoppé sa voiture de location, sous la menace d’un pistolet brandi par un policier, au bord du grand boulevard. La pimpante sexagénaire à la cagoule imitation guépard, en route pour son cours de yoga, évite cependant de passer par la place voisine. « Cela me remplit de chagrin, ces pauvres familles », lâche-t-elle, au pied d’un immeuble de style stalinien. La place du Vieux-Marché, redevenue un grand rond-point bétonné, n’a pas un aspect tout à fait normal, campagne électorale oblige. À l’entrée de la voie de tramway par laquelle s’était engouffré le SUV conduit par Taleb al-Abdulmohsen pour percuter la foule, une affiche est perchée sur un lampadaire. « Notre pays mérite davantage de sécurité », proclame le slogan du parti de Sahra Wagenknecht. Avec ce sous-titre : « Les vieux partis ont échoué. »
De l’autre côté de la place, le carillon de la mairie sonne les coups de midi, rituel immuable depuis…
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