C'est dans ta nature – Une guerre sans pitié: ces plantes qui éliminent leurs rivales

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Dans la nature, pour vivre et survivre, tous les coups sont permis : empoisonnement, parasitisme, invasion, mercenaires… Découvrez les stratagèmes du monde végétal pour éradiquer la concurrence.

Que le meilleur gagne et que les autres crèvent. Bienvenue dans un monde où règne une concurrence effrénée, sans pitié, où Margaret Thatcher et Javier Milei passeraient pour de tendres agneaux pacifistes. Bienvenue dans la nature. 

Armes chimiques

Dans cette guerre pour la vie, certaines plantes ont des armes chimiques. C’est le cas de l’arbre à créosote qui pousse dans les déserts d’Amérique du Nord, où l’eau est rare et le sol pauvre. La plante, aux jolies fleurs jaunes, contient de la créosote, une toxine si puissante que rien ne pousse autour. Un désherbant XXL. La plante s’assure ainsi le monopole de l’eau et des nutriments. Et c’est efficace : dans le désert californien, un arbre à créosote a dépassé les 11 500 ans – ce serait la plus vieille plante au monde. 

Plante vampire

Il y a parfois des câlins mortels : ceux que prodiguent les cuscutes, qui s’enroulent autour d’une plante après avoir détecté ses composants chimiques volatils. Les cuscutes n’ont quasiment pas de feuilles ; elles n’ont pas besoin de faire de photosynthèse puisqu’elles se nourrissent en plantant des espèces de suçoirs dans les tiges de leurs victimes pour en aspirer l’eau et les nutriments. La cuscute est un parasite.

Très cher envahisseur

Une autre plante grimpante ne fait pas non plus dans le détail : le kudzu, qui recouvre tout, étouffe tout sous ses feuilles et ses lianes, rendant la vie impossible. Introduit aux États-Unis pour lutter contre l’érosion des sols, le kudzu y a très vite été interdit. L’envahisseur coûte chaque année à la société des centaines de millions de dollars. La plante est tellement coriace que ses graines peuvent germer plusieurs années après alors qu’on croyait s’en être débarrassé.

Fourmis mercenaires

D’autres plantes recrutent des mercenaires, en l’occurrence, des armées de fourmis : l’acacia leur offre le gîte et le couvert (le nectar de ses fleurs), pendant que les fourmis dévorent la moindre pousse autour de l’arbre – la concurrence est éliminée. Les fourmis attaquent aussi les herbivores qui viendraient manger les feuilles de l’acacia. Leurs morsures font fuir les éléphants. Même un milliard de fois plus lourd, face à la fourmi, l’éléphant ne fait pas le poids.

La question de la semaine

« Que raconte la fable du lion et de la fourmi ? »

Ce n’est pas une fable mais une histoire vraie, qui raconte une sorte d’effet papillon dans les savanes du Kenya. La fourmi à acacias est en train d’être éliminée par une autre espèce, invasive, la fourmi à grosse tête. Les acacias, désormais sans défense, disparaissent des zones envahies et les lions perdent un allié précieux : ils ne peuvent plus se cacher dans les arbres pour chasser les zèbres. Ils se sont alors reportés sur des proies plus coriaces mais moins rapides, les buffles, devenus les dindons de la fable. 

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Source du contenu: www.rfi.fr

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