Trois jours après avoir drastiquement allégé ses politiques de modération de contenus, le géant des réseaux sociaux donne un nouveau gage envers la future administration Trump.
Pour Meta, la «DEI», c’est fini. Après McDonald’s, Ford, Jack Daniel’s ou WalMart, le géant des réseaux sociaux est la dernière entreprise américaine en date à mettre fin à ses programmes «Diversité, Egalité et Inclusion» en matière de recrutement ou de choix de ses fournisseurs, révèle le média Axios. Cet acronyme est érigé en symbole des excès des «politiques woke» en entreprise, et est honni dans le camp républicain.
«Le terme “DEI” a fait l’objet d’accusations, en partie parce qu’il est perçu par certains comme une pratique qui sous-tend un traitement préférentiel de certains groupes par rapport à d’autres», indique le groupe Meta dans un email envoyé à ses salariés. «Le paysage juridique et politique entourant les efforts en matière de diversité, d’équité et d’inclusion aux États-Unis est aussi en train de changer», rappelle Meta alors que la Cour suprême a mis fin en juin 2023 aux mesures de discrimination positives dans les admissions universitaires.
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Concrètement, Meta va arrêter d’utiliser la méthode dite «Diverse slate» pour ses recrutements. Ce processus oblige les services RH à démarrer tout processus d’embauche avec un vivier de candidatures déjà diversifié (genre, origines, etc) en allant activement démarcher ces profils issus de la diversité. «Nous pensons qu’il existe d’autres moyens de constituer une main-d’œuvre de premier plan et de tirer parti d’équipes composées de personnes de classe mondiale issues de tous les milieux », indique le groupe. Par ailleurs, selon le New York Times, Meta a retiré des toilettes des hommes dans ses bureaux en Californie, au Texas à et New York les protections hygiéniques qu’il mettait à disposition de ses salariés transgenres.
De même, «au lieu de programmes de formation à l’équité et à l’inclusion, nous mettrons en place des programmes axés sur la manière d’appliquer des pratiques équitables qui atténuent les préjugés pour tous, quelle que soit l’origine.» Enfin, le groupe change le curseur dans le choix de ses fournisseurs. Alors que jusqu’à présent, les entreprises appartenant à la diversité étaient priorisées, « à l’avenir, nous concentrerons nos efforts sur le soutien aux petites et moyennes entreprises, qui sont le moteur d’une grande partie de notre économie.»
Allégement de la modération des discours haineux
La fin des programmes DEI est le dernier gage en date du géant des réseaux sociaux envers la future administration Trump, qui arrivera au pouvoir le 20 janvier. Après avoir versé 1 million de dollars à l’équipe de transition, Meta a nommé le républicain Joel Kaplan à la tête de son département des affaires publiques, puis intégré un proche de Donald Trump, Dana White, à son conseil d’administration. Mark Zuckerberg a également annoncé cette semaine faire table rase sur les politiques de modération des propos tenus sur ses réseaux sociaux.
Outre la fin des contrats avec les médias de fact-checking aux États-Unis, les règles sur les propos autorisés ou interdits ont été révisées pour le territoire américain. Il est ainsi désormais permis d’associer les personnes homosexuelles ou transgenres à des maladies mentales ; d’affirmer que des personnes n’ont pas le droit de travailler dans certains secteurs, comme l’armée, en fonction de leur genre ou de leur orientation sexuelle ; d’utiliser le pronom «it» (associé dans la langue anglaise aux objets, concepts ou animaux) pour les personnes transgenres ; ou d’affirmer que certaines communautés sont responsables de la pandémie de Covid-19. Les outils d’intelligence artificielle chargées de détecter au plus vite les propos problématiques et de les supprimer seront quant à eux réorientés vers la détection des contenus illégaux, comme la pédopornographie ou la propagande terroriste.
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