Les prix du coton poursuivent leur ascension. La tendance qui se dessine depuis début février se confirme et redonne le sourire aux acteurs de la filière. Cette évolution des cours est saluée sur le continent africain.
Cette évolution des cours est une bonne nouvelle pour l’Afrique : les cours, qui évoluent en ce moment autour de 85 cents la livre – contre 65 cents la livre début janvier – sont enfin passés au-dessus du coût de revient. Ce qui n’était pas le cas il y a quelques semaines encore.
Les volumes d’Afrique de l’Ouest ont eu du mal à se vendre cette année en raison de cours mondiaux écrasés par l’abondance de coton brésilien, qui n’ont pas été suffisamment rémunérateurs pour les pays producteurs, notamment pour ceux du continent africain : partout où les prix garantis aux cotonculteurs étaient fixés pour toute la durée de la campagne, ils ont été trop décalés, trop élevés par rapport au niveau du marché.
La remontée des cours redonne l’espoir aux sociétés cotonnières d’équilibrer leurs comptes pour la saison qui se termine, comme le relève Mambo Commodities dans sa dernière lettre de marché.
Des acheteurs frileux devant les prix
Ce qui assombrit le tableau, c’est que l’industrie de la filature ne se précipite pas pour acheter du coton. On s’approche de plus en plus d’un prix d’un dollar la livre, un seuil psychologique pour les industriels. « Certains acheteurs se renseignent et renoncent finalement », confie un de nos interlocuteurs. Les filatures sont d’autant plus réticentes à acheter qu’elles ont beaucoup souffert économiquement de la baisse de la demande textile ces dernières années, n’arrivant plus à vendre le fil à un prix suffisant pour assurer leur rentabilité.
« Le négoce est scotché », résume un négociant en coton. Mais rien n’est figé. Le ministère américain de l’Agriculture (USDA) prévoit pour cette campagne une demande qui devrait rester bonne chez les cinq plus grands importateurs – en tête le Vietnam qui pourrait acheter, selon l’USDA, jusqu’à 8 millions de balles, soit un record si cela se confirme –, ce qui plaide pour des prix qui pourraient se maintenir, au moins à leur niveau actuel. Dans cette équation, il faudra cependant intégrer l’Inde – 6e importateur mondial –, qui pourrait acheter moins, « deux fois moins » selon les prévisions du ministère américain de l’Agriculture.
Une production en baisse de 5%
L’autre point qui pèsera dans la balance des prix de 2026, c’est la production. Le ministère américain de l’Agriculture a revu ses prévisions à la baisse, selon les derniers chiffres mensuels sortis cette semaine : la récolte mondiale devrait chuter cette année de 5% pour atteindre 116 millions de balles, en raison de productions plus basses en Australie, au Brésil, en Chine, au Pakistan, en Turquie et aux États-Unis.
Ces baisses constituent un signal positif pour les prix, tout comme l’est aussi la flambée des prix des fibres synthétiques qui suivent ceux du pétrole, et la perspective du retour du phénomène climatique El Niño. L’équation est comme toujours complexe, d’où les doutes qui demeurent sur la pérennité des niveaux de prix actuels, selon Mambo Commodities.
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