Droits de douane : Bercy n’exclut pas de lâcher son objectif de déficit si la guerre commerciale s’aggrave

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Pour l’heure, le ministère de l’Économie et des Finances maintient l’objectif de déficit à 5,4% du PIB en 2025. Mais si les droits de douane américains devaient plomber les recettes de l’État, celui-ci ne couperait pas davantage dans la dépense publique, afin de préserver la croissance.

Mieux vaut prévenir, même si ça ne permet pas forcément de guérir. C’est en substance le message qu’a fait passer le ministre de l’Économie Éric Lombard quant aux conséquences que les droits de douane américains annoncés par Donald Trump pourraient avoir sur l’activité économique de l’Hexagone, et donc sur les finances publiques. «Même si la situation devait se dégrader, on ne va pas demander un effort supplémentaire», a-t-il assuré sur BFMTV, ce vendredi matin. Ni hausses d’impôts, donc, ni « coup de rabot supplémentaire à la dépense publique», déjà réduite de 30 milliards d’euros dans la loi de finances 2025 adoptée en février dernier. Ce qui revient à reconnaître, en creux, que l’objectif de déficit à 5,4% du PIB cette année pourrait ne pas être tenu.

Bercy a toutefois tenu à rappeler dans la foulée que cet objectif, «priorité de l’action du gouvernement pour le rétablissement de nos comptes», était préservé. «Le ministre a clairement indiqué ce matin que nous tiendrons la dépense publique, même en cas de conjoncture dégradée en conséquence de la hausse des droits de douane. Tous les efforts seront faits pour minimiser les risques liés à la guerre tarifaire pour l’économie française», est-il affirmé dans un communiqué.

Préserver la croissance plutôt que l’objectif de déficit

Mais dans le climat d’incertitude actuel, alors que les nouveaux droits de douane ne sont pas encore entrés en vigueur et que la riposte du monde entier se met graduellement en place, le «quoi qu’il en coûte» qui avait prévalu pour protéger les entreprises lors de la crise du Covid en 2020 ne s’appliquera pas à la trajectoire des finances publiques en 2025, précise une source à Bercy. Autrement dit, si la guerre commerciale devait s’installer dans le temps et ralentir l’activité économique de la France, plombant de ce fait les recettes de l’État, le gouvernement ne pratiquerait pas de coupes supplémentaires dans les dépenses publiques pour tenir son objectif de déficit. «Ce serait une mauvaise idée de pénaliser la croissance», résume notre source.

Le ministère renvoie à la grande «conférence nationale sur les finances publiques» qui sera présidée par le premier ministre François Bayrou le 15 avril pour «un premier point d’étape sur les aléas à ce stade de l’année». En revanche, si des difficultés à tenir l’objectif de dépenses préétabli dans la loi de finances devaient être alors identifiées, cela donnera lieu à «des mesures de maîtrise», prévient Bercy.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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