«Considérer le dialogue social comme inutile, c’est ça qui est dépassé ! Dans ce moment, on a impérativement besoin de cohésion sociale», a estimé Marylise Léon, répondant aux critiques exprimées par Édouard Philippe dans nos colonnes.
La dirigeante de la CFDT, Marylise Léon, a défendu samedi les concertations entre partenaires sociaux sur les retraites en considérant qu’il s’agissait d’un rendez-vous «utile et nécessaire», face aux critiques de l’ex-Premier ministre Édouard Philippe. «Les attentes sociales des salariés sont toujours bien présentes. Se mettre tous autour de la table pour trouver des alternatives à une réforme très largement contestée est utile et nécessaire», a déclaré Marylise Léon, invitée à réagir dans Ouest-France sur les déclarations de l’ex-chef du gouvernement.
Édouard Philippe avait jugé vendredi dans nos colonnes «complètement hors-sol» et «déjà totalement dépassé» le «conclave» sur les retraites. «Considérer le dialogue social comme inutile, c’est ça qui est dépassé ! Dans ce moment, on a impérativement besoin de cohésion sociale», a estimé Marylise Léon. La responsable de la CFDT a considéré en outre que le débat, sur fond de guerre en Ukraine et de menace russe, visant à instaurer la primauté de l’économie de guerre sur les dépenses sociales, était «très opportuniste». «La question de l’avenir du modèle social ne peut pas être liée à la guerre en Ukraine. Le débat “protection militaire ou protection sociale” est stérile», a-t-elle ajouté.
Si le calendrier des négociations sur les retraites reste inchangé avec encore 11 rendez-vous entre partenaires sociaux d’ici au 28 mai – un par semaine -, le bien-fondé de ce qui avait été initialement présenté comme un «conclave» par le Premier ministre François Bayrou est remis en cause par des acteurs du monde politique ou économique à l’instar d’Édouard Philippe au regard des changements géopolitiques et de l’effort de défense qui doit être produit.
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De son côté, la CGT, deuxième syndicat français après la CFDT, a redit vendredi ses exigences en matière de retraites dans une déclaration où elle a mis en relief ses dissensions avec le patronat, en particulier le Medef. Outre l’abrogation de la réforme de 2023 qui a fait passer l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, la CGT a rappelé qu’elle voulait «la suppression de l’accélération des 43 annuités de la réforme Touraine et le rétablissement des régimes pionniers, dans la visée du rétablissement de la retraite à 60 ans».
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