DÉCRYPTAGE – Syndicats et patronat ont jusqu’au mois de juin pour parvenir à un accord et amender la très contestée réforme de 2023. Pas une mince affaire au vu de leurs divergences sur les points clés du débat et du départ de plusieurs acteurs, froissés par les déclarations de François Bayrou.
Un sacré chantier. Le «conclave» sur les retraites a été officiellement lancé le jeudi 27 février dernier pour amender la très contestée réforme de 2023, selon le souhait de François Bayrou. À raison d’une fois par semaine jusqu’au mois de juin, cette concession faite au Parti socialiste pour éviter au premier ministre la censure devait permettre de réunir autour d’une même table syndicats et patronat. À défaut d’un accord, «c’est la réforme actuelle qui continuera à s’appliquer», promettait Matignon. Sauf que plusieurs des neuf participants ont déjà claqué la porte. Côté syndicats, Force ouvrière (FO) est partie dès le premier jour et la CGT s’apprêterait à le faire. Côté patronat, c’est l’organisation des très petites entreprises (U2P) qui s’est sauvée mardi. Invités à la première réunion, le syndicat agricole FNSEA et le syndicat de salariés Unsa ont appris qu’ils seraient exclus d’une partie des discussions.
Les récentes déclarations du premier ministre, qui a fermé la porte à un retour de l’âge de départ à la retraite à 62 ou même à 63 ans, ont porté un coup supplémentaire à un débat déjà hautement inflammable. Accusé de «changer les règles du jeu» par la CFDT, le gouvernement s’était jusque-là refusé d’intervenir pour laisser les partenaires sociaux œuvrer. Il avait tout de même tenu à poser une base de travail sur la table des négociations : un rapport de la Cour des comptes, qui estime que le déficit du système des retraites atteindra près de 15 milliards d’euros en 2035 et 30 milliards en 2045. Qui propose quoi pour y remédier ? Le Figaro résume les positions des différents participants.
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