Chronique des matières premières – Le stress climatique aux États-Unis fait monter les cours du blé

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Les cours du blé ont grimpé à leur plus haut niveau depuis deux ans à la bourse de Chicago. Une hausse guidée par des préoccupations climatiques, sans lien direct avec la guerre au Moyen-Orient. Ce qui inquiète les marchés, c’est la situation aux États-Unis.

La première estimation officielle sur les rendements sera communiquée le 12 mai, par le ministère américain de l’Agriculture (USDA), mais il est déjà acquis que les blés semés à l’automne dernier dans les grandes plaines céréalières du centre du pays ont subi plusieurs semaines de sécheresse, que les prochaines pluies ne suffiront pas totalement à gommer.

Ces inquiétudes climatiques influencent aujourd’hui directement les prix, beaucoup plus que les soubresauts de la guerre au Moyen-Orient, qui, in fine, ont fait très peu bouger les lignes depuis deux mois. Si les prix réagissent autant, c’est notamment en raison du calendrier : c’est la période de la floraison pour les blés américains et le moindre mauvais signal suffit à faire réagir les cours. 

Les marchés anticipent par ailleurs une prochaine récolte en baisse de 20 % en Australie – soit 29 millions de tonnes – selon le bureau australien de l’USDA, une réduction liée à la sécheresse croissante dans le pays et à la réduction des apports d’azote en 2026, selon un analyste de la Commonwealth Bank de Sydney. En face, la demande est plutôt bonne : l’Arabie saoudite vient d’acheter près d’un million de tonnes de blé à l’international. Un facteur de plus qui plaide pour des prix soutenus.

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Le maïs suit la tendance 

Cette hausse des cours du blé a déteint sur ceux du maïs. Le cours du grain jaune a atteint son plus haut niveau en un an. Dans les champs, le maïs aussi a subi des conditions extrêmes aux États-Unis, avec beaucoup trop d’humidité. Les opérateurs redoutent aussi un mauvais tour de la météo au Brésil. Les modélisations annoncent un temps beaucoup trop sec dans les régions productrices. 

Cette hausse des cours du blé et du maïs, dans une moindre mesure, devrait avoir cependant une limite : celle imposée par les stocks mondiaux, constitués par les récoltes de 2025, qui avaient été exceptionnelles un peu partout dans le monde. Un bon niveau de stock est un indice rassurant pour les marchés et a généralement un effet modérateur sur les prix.

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Le soja soutenu par les cours du brut

Les oléagineux évoluent aussi dans une fourchette haute, mais pas pour une raison climatique. Les grains comme le soja répondent à une autre variable : le pétrole. Plus le brut grimpe, plus les biocarburants montent aussi et plus c’est un débouché intéressant pour les agriculteurs, mais en retour, cela crée de la tension sur les cours du soja.

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Source du contenu: www.rfi.fr

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