Assurance-chômage, retraites, économies «significatives»… Les pistes du FMI pour assainir les finances publiques françaises

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Sans nouvelles mesures d’économies, la dette continuera à progresser jusqu’en 2030 et le déficit se stabilisera autour de 6 % du PIB, s’inquiète l’institution internationale.

Le FMI met en général les formes. Cette année, l’étude annuelle de l’institution consacrée à la France ressemble pourtant à un avertissement. «L‘engagement des autorités françaises à ramener le déficit en dessous de 3% du PIB d’ici à 2029  est bienvenu et doit être étayé par un ensemble de mesures bien défini et crédible», avancent les économistes du fonds. Ces derniers valident l’objectif budgétaire du gouvernement d’un déficit à 5,4% du Produit intérieur brut (PIB) en 2025, mais d’après leurs calculs, les comptes se dégraderaient ensuite : «Sans l’adoption de mesures additionnelles significatives, le déficit resterait autour de 6% du PIB à moyen terme et la dette publique continuerait d’augmenter jusqu’en 2030

Pour le FMI, le gouvernement doit donc d’urgence bâtir un ambitieux plan d’économies. «Le niveau élevé d’imposition de la France  – l’un des plus élevés en Europe – implique qu’un redressement continu des finances publiques de l’ampleur de l’effort prévu dans le plan à moyen terme de la France, qui passerait uniquement par la fiscalité, pèserait sur la confiance des entreprises, la consommation des ménages et le potentiel de croissance», lit-on dans le rapport du fonds.

Officiellement, Bercy partage ce point de vue. Les discussions budgétaires qui ont lieu en ce moment et jusqu’en juillet, avec les différents partis politiques et les partenaires sociaux, devraient sur le papier faire la part belle aux économies. Sauf que pour l’instant, peu d’éléments tangibles filtrent en ce sens.

Nouvelle réforme de l’assurance-chômage

Les spécialistes du FMI suggèrent notamment à l’exécutif, afin d’équilibrer ses comptes, de lancer une nouvelle réforme de l’assurance-chômage ou des retraites. «Il existe des marges pour améliorer le ciblage des prestations sociales, y compris en examinant l’éligibilité et la durée d’indemnisation des prestations d’assurance chômage, pour mieux cibler les politiques actives sur le marché du travail ainsi que pour simplifier et harmoniser les régimes de retraite, tout en garantissant l’équilibre du système dans la continuité de la réforme de 2023», écrivent les économistes. Il paraît toutefois peu probable que le gouvernement se lance dans cette voie explosive car il pourrait tout simplement ne pas y survivre.

«La fragmentation politique et les tensions sociales pourraient retarder les efforts de consolidation budgétaire et de réformes, ce qui pèserait davantage sur la confiance et les perspectives économiques et augmenterait les risques budgétaires», reconnaît d’ailleurs le FMI. Pour cette année, l’institution partage ainsi le point de vue de la Commission : elle table sur une croissance du PIB de 0,6 % en France, quand le gouvernement espère encore que l’activité progressera de 0,7 %.

Réagissant à la publication du FMI, le ministre de l’Économie et des Finances a estimé que l’institution internationale soulignait «que notre effort actuel de réduction du déficit et nos perspectives économiques sont crédibles». Maîtriser la dépense publique reste une «priorité et [une] boussole», dans le cadre de la construction du budget 2026, assure Éric Lombard.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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