La galerie n’a qu’une pièce, mais Dalila Dalleas Bouzar y montre quatre grandes toiles récentes et plusieurs de moindre format. Les grandes ont le même sujet, le corps féminin, pour lequel une amie de l’artiste a posé. Cette femme, nue ou couverte d’une étoffe qui est sur le point de glisser, a, à la main ou attaché à une lanière sur son buste, une machette dont la longue lame est ourlée de sang. On reconnaît en elle la figure biblique de Judith, se préparant à trancher la tête d’Holopherne ou l’ayant fait et entrant dans la mer pour se laver. Un autre corps, nu et arqué, sort d’une eau sombre, à travers laquelle se distingue sa main droite qui tient un poignard. Une étrange étoile à huit branches est peinte sur le ventre et les seins.
Il y a là les constantes de l’artiste franco-algérienne : l’omniprésence du corps féminin – elle est elle-même performeuse – et sa capacité à faire réapparaître les mythes. Ce pouvoir de séduction est dans la peinture elle-même, la toile n’étant que partiellement recouverte, ou, à l’inverse, construite sur l’affrontement de couleurs intenses. Les plus petites toiles sont des autoportraits dans lesquels l’artiste joue avec ironie l’amoureuse, la mélancolique ou la guerrière.
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