CRITIQUE – À 77 ans, Roegiers se lance corps et âme, l’oreille tendue, la verve bien animée, brisant au passage quelques idées reçues sur Satie, avec un brin d’humour ou de dérision.
Il fut tout cela à la fois : musicien truculent et mélancolique, poète cocasse, distancié, touchant et érudit, marginal et avant-gardiste. Aujourd’hui, le compositeur des lancinantes Gymnopédies est souvent réduit à une image proche d’Épinal, sur fond d’accords répétés en boucle : l’homme réduit à une silhouette où apparaissent une barbichette, des lorgnons, un sempiternel chapeau melon et un inséparable parapluie, dont il avait fait la collection.
Voilà des années que Patrick Roegiers, écrivain prolifique, auteur entre autres, du Cousin de Fragonard et du Bonheur des Belges, repoussait l’écriture de son hommage à Erik Satie. Il le confiait d’ailleurs dans La Vie de famille, y avouant son amour immodéré pour l’ermite d’Arcueil, « mon musicien préféré, dont les mélopées suspendues, atones et mélancoliques m’émeuvent au-delà de tout ». Entre-temps, Roegiers s’était penché sur les vies du frère collabo de Simenon, de Jacques Henri Lartigue, Roland Topor ou encore Magritte. Ça…
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