En compétition, l’Américain Richard Linklater se saisit de la légende d’À bout de souffle dans un film plein de grâce.
Le truc, c’est d’aller voir Nouvelle Vague. La deuxième chose, c’est d’en parler à tout le monde, chez soi, dans la rue, avec les uns et les autres. Le miracle a eu lieu. Personne ne l’attendait. Richard Linklater a du culot et du talent. Ces deux ingrédients étaient indispensables pour recréer de l’intérieur le tournage d’À bout de souffle . Il fallait un Américain pour revenir sur cette histoire si française. D’emblée, il adopte un ton juste, malicieux.
Ils sont venus. Ils sont tous là. Chabrol a sa pipe et ses grosses lunettes. Truffaut a son sourire timide. Rivette est derrière sa machine à écrire. Godard se cache derrière ses lunettes de soleil et la fumée de ses cigarettes. Il piaffe. C’est qu’il est à la traîne. Les autres ont déjà réalisé un long-métrage. Il vole dans la caisse des Cahiers du cinéma pour assister à Cannes au triomphe des 400 Coups. Cela le pousse à se jeter à l’eau. Un producteur est d’accord pour financer son scénario. Le Suisse mal rasé choisit Jean-Paul Belmondo…
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