DÉCRYPTAGE – Des plateformes de streaming aux musiques générées à la demande, l’intelligence artificielle joue déjà sa partition dans notre quotidien avec ses potentielles dérives.
Plus de 3 milliards de dollars ! C’est ce que devrait représenter, d’ici à 2028, le marché mondial de l’IA musicale générative, selon l’étude publiée l’an dernier par le cabinet Goldmayer, et commandée conjointement par la Sacem et son homologue allemande, la Gema. Des chiffres aussi effrayants qu’éloquents, et qui viennent corroborer le constat dressé à Paris par l’Ircam (Institut de recherche et coordination acoustique/musique rattaché au Centre Pompidou). Selon ses chercheurs, 30 % des musiques diffusées par les DSP (les Digital Service Providers), les grandes plateformes d’écoute en ligne, seraient déjà générées par l’intelligence artificielle ! Une proportion qui pourrait aller crescendo dans les cinq années à venir et inquiète bon nombre de musiciens. Réalisée auprès de 15.000 créateurs et éditeurs de musique, l’étude Goldmayer pointe du doigt que si 35 % des créateurs interrogés ont déjà eu recours à l’IA dans leur travail, 71 % d’entre eux redoutent que cette même IA les prive de revenus dans un avenir proche.
Déjà présente massivement, tant dans la création que dans nos habitudes de consommation, l’IA doit-elle donc être perçue comme une opportunité, ou une réelle menace pour le monde musical ? C’est la question à laquelle s’efforce de répondre l’Ircam depuis quinze ans. Selon Frank Madlener, directeur général de l’institut, la réponse…
Source du contenu: www.lefigaro.fr
