RÉCIT – Longtemps boudée par les cercles de musique contemporaine, la grande forme sacrée revient en force. Grâce au travail d’ensembles tels que la Maîtrise de Notre-Dame de Paris. Et des compositeurs qui renouent avec la tradition. Il était temps.
En 2011, le plasticien russe à scandale Oleg Kulik s’emparait du Messie de Haendel sur la scène du Châtelet, dans une mise en scène surréaliste et irrévérencieuse. Entre robots et faux popes. Deux ans après avoir explosé les Vêpres de Monteverdi sur cette même scène, à grands coups de lasers et de litanies tibétaines. L’an dernier, c’est la Brockes-Passion de Haendel qui, à Halle (Allemagne), lieu de naissance du compositeur, faisait l’objet d’une « revisite » par le metteur en scène Walter Sutcliffe, la plongeant dans un grand bain moraliste sur fond d’écologie, d’Amérique des années 1950, de culte mormon et de dénonciation du capitalisme. L’édifiant spectacle est disponible en DVD chez Naxos ou sur une célèbre plateforme de streaming.
Depuis quelques années, on voit se multiplier sur nos scènes d’opéra les relectures ouvertement profanes et volontiers provocatrices des grands jalons de la musique sacrée occidentale. À rebours de Malraux, qui prédisait que ce XXIe siècle serait spirituel…
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