13 millions d’euros de l’État pour rénover la tapisserie de Bayeux et lui offrir un nouveau musée en 2027

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La présentation actuelle, verticale, soumet le chef d’œuvre médiéval à des tensions et une usure qui compromettent la bonne conservation des fragiles fibres textiles.

La fresque de tissu et broderies retraçant la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant va faire peau neuve. La ministre de la Culture Rachida Dati a annoncé à Bayeux vendredi la participation de l’État dans la construction d’un nouveau musée et la rénovation de la tapisserie de Bayeux.

« L’État prendra en charge l’intégralité des coûts de restauration de la tapisserie, dont il est propriétaire », a déclaré Rachida Dati. « Ce seront plus de 2 millions d’euros qui y seront consacrés, sur un total de 13 millions d’euros de financements » consacrés au projet par le ministère de la Culture.

Un projet à 38 millions d’euros

Le coût total du projet est de 38 millions d’euros. Il sera financé également par la région Normandie et le département du Calvados à hauteur de 10,5 millions d’euros chacun, et 7 millions par la ville de Bayeux. Le conservateur de la tapisserie, Antoine Verney, assure à l’AFP « la nécessité de revoir les conditions de présentation de l’œuvre ».

Présenté depuis 1983, debout, dans un long couloir en « U » d’un ancien séminaire de Bayeux, ce « récit brodé » de 70 mètres de long raconte la conquête de l’Angleterre en l’an 1066 par Guillaume, duc de Normandie, qui deviendra par la suite « Guillaume le conquérant ».

Des tensions sur le textile

Or la présentation actuelle, verticale, impose « des tensions importantes sur ce textile de mille ans, qui nécessite désormais un pan incliné », selon son conservateur. Cela implique « la construction d’un nouveau local de conservation de plus de 70 mètres de long pour permettre sa présentation ».

Brodée au XIe siècle, on ne sait « pas grand-chose » de la conservation de la tapisserie jusqu’à la fin du XVe siècle, « date à laquelle elle apparaît dans l’inventaire du trésor de la cathédrale », retrace Antoine Verney. La tapisserie fait aujourd’hui l’objet d’une hyper vigilance pour la protéger de « la manipulation qui fait subir des tensions aux textiles » de la lumière ainsi que de l’air ambiant, ajoute-t-il.

Il faut respecter une température de dix-neuf degrés, un taux d’hygrométrie de 50 %, et 50 lux maximum de lumière, ce qui explique qu’elle est aujourd’hui présentée dans la pénombre. Le musée fermera en septembre 2025 pour rouvrir en 2027, sous la forme d’une extension sur 11 000 m² du séminaire où se trouve actuellement la pièce classée Monument Historique et inscrite au registre Mémoire du Monde de l’Unesco.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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