Après le crash d’avion en Corée du Sud, les 101 Boeing 737-800 des compagnies du pays dans le viseur

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Après un nouvel incident ce lundi, le gouvernement a ordonné une «inspection complète» des appareils du pays du même modèle que celui qui s’est écrasé dimanche, faisant 179 morts.

Un défaut de l’appareil aurait-il causé l’accident du vol Jeju Air en Corée du Sud dimanche 29 décembre ? Le ministère des Transports a en tout cas lancé une «inspection complète» de tous les Boeing 737-800 utilisés par des compagnies du pays, a indiqué ce lundi un responsable, au lendemain du crash ayant fait 179 morts à Muan. «Concernant l’inspection complète, des rapports de maintenance des systèmes cruciaux tels que les moteurs et les trains d’atterrissage seront minutieusement étudiés pour les 101 avions de six compagnies utilisant le même modèle que celui qui a été accidenté», a déclaré le vice-ministre en charge de l’aviation, Joo Jong-wan, précisant que la procédure durerait jusqu’au 3 janvier.

La piste privilégiée par les autorités est celle d’une collision avec des oiseaux, ce qu’aurait indiqué le pilote à la tour de contrôle avant son atterrissage. Le choc aviaire dans le moteur «a probablement endommagé» les systèmes électriques de l’avion, estime Kim Kwang-il, professeur de sciences aéronautiques à l’université coréenne de Silla et lui-même ancien pilote. Le train d’atterrissage, qui «utilise un système hydraulique» mais a tout de même «besoin d’électricité» pour se déclencher, aurait alors été rendu inopérant. L’inspection ordonnée par les autorités devrait permettre de se pencher sur un éventuel défaut structurel de ce côté-là. 

Un problème sur un autre 737-800 de Jeju Air lundi

D’autant que lundi matin, un autre Boeing 737-800 de Jeju Air a lui aussi rencontré un problème lié au train d’atterrissage. «Le commandant de bord a communiqué avec le contrôle au sol et, après avoir pris des mesures supplémentaires, le train d’atterrissage s’est remis à fonctionner normalement. Cependant, il a été décidé de retourner à l’aéroport» de Gimpo peu après le décollage, a indiqué Song Kyung-hoon, un responsable de la compagnie. 

Le 737 de Boeing, un appareil de court et moyen courrier, est l’un des plus populaires dans le monde : plus de 12.000 exemplaires ont été produits depuis 1967, déclinés en quatre générations et en plusieurs tailles. Le 737-800, qui emporte entre 162 et 189 passagers, est un concurrent direct de l’A320 d’Airbus. L’appareil de Jeju Air, construit en 2009, était issu de la «Next Generation», produite entre le milieu des années 1990 et le début des années 2010. Il avait d’abord volé sous les couleurs de la compagnie low-cost européenne Ryanair, avant de rejoindre la flotte de la compagnie sud-coréenne en 2017. 

Ce modèle, bien que très répandu, n’est pas connu pour être particulièrement accidentogène. C’est plutôt la génération suivante, celle des 737 MAX, produite à partir de 2015, qui a suscité de vives inquiétudes. En 2019, la plupart de ces appareils ont été cloués au sol après deux accidents mortels. Puis, en janvier 2024, la perte d’une porte en plein vol a mis au jour de graves manquements dans le contrôle qualité sur la chaîne d’assemblage de l’aéronef, plongeant Boeing dans la tourmente. 

Des enquêteurs de Boeing envoyés sur place

Au-delà de l’inspection de tous les 737-800 demandée par précaution par les autorités, l’enquête sur le crash de Muan devrait permettre d’y voir plus clair sur les causes de l’accident. Les boîtes noires, l’enregistreur vocal du cockpit et l’enregistreur de données de vol, ont été retrouvées dimanche. L’Agence nationale de sécurité des transports des États-Unis a quant à elle composé «une équipe d’enquêteurs américains», incluant Boeing, pour «aider» les autorités sud-coréennes. Ils devaient arriver sur place ce lundi. 

Mais l’appareil pourrait ne pas être seul responsable du drame. Les spécialistes pointent également le rôle du socle en béton sur lequel étaient fixées les antennes en bout de piste, ainsi que le mur d’enceinte de l’aéroport. «Malgré l’urgence, l’atterrissage a été remarquablement bien exécuté», souligne l’ancien pilote Kim Kwang-il, qui rappelle que les avions sont normalement conçus pour résister à un atterrissage sur le ventre. 

Dans les vidéos du crash, on voit l’avion d’abord toucher terre sur le ventre et glisser sur le tarmac, dépasser la piste goudronnée en glissant sur la terre, avant de se fracasser quelques secondes plus tard contre ces antennes puis le mur. «Normalement, il n’y a pas de tel obstacle solide en bout de piste, c’est contre les standards de sécurité de l’aviation internationale», affirme le spécialiste, qui affirme que «la plupart des passagers sont morts à cause de cet obstacle»

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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