Le CV de Margaux Albrecht donne le vertige. Née à Strasbourg, cette bûcheuse de 35 ans a d’abord suivi une formation de pharmacienne, avant de devenir médecin, mais intervient également comme sapeuse-pompière volontaire et a passé son brevet de pilote d’avion. En cuisine, elle fait preuve de la même boulimie de connaissances. « A 18 ans, mon père m’a fait remarquer que j’avais mon bac, mais que je ne savais toujours pas faire cuire des pâtes », dit-elle en riant. Le retard est aujourd’hui rattrapé. En marge de ses études puis de son travail, elle a décroché un CAP pâtisserie, un CAP boulangerie, une myriade de trophées culinaires régionaux et a participé à l’émission « Objectif Top Chef » en 2023.
Ce tableau de chasse contraste avec l’humilité et la discrétion de la jeune femme à la crinière cuivrée que l’on retrouve à son domicile pour explorer les trésors de la cuisine alsacienne. Certes, son foyer se trouve aujourd’hui dans un village de Meurthe-et-Moselle, Cirey-sur-Vezouze, comme le fait malicieusement remarquer son compagnon (mosellan), Guillaume Maire. Mais ici, ce sont bien des spécialités d’Alsace qui s’invitent le plus souvent à table.
Dès qu’on pénètre dans le salon, on est pris par une douce vague de chaleur. Un poêle à bois est allumé, qui fait également office de four, capable d’accueillir de belles pièces de viande : saucisse artisanale offerte par un ami fermier, côte de bœuf ou gibier (le Grand-Est est un territoire de chasse très actif). Des chiens joyeux gambadent dans la pièce, pressentant un festin. Une grande table a été somptueusement dressée : la vaisselle, prêtée par une tante, est ponctuée d’Alsaciennes en costume traditionnel, coiffes déployées comme des ailes de papillon. Et dans le prolongement du salon s’étirent de longs fourneaux, qu’une belle lumière d’hiver nimbe d’un halo ambré.
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