CRITIQUE – Avec ce portrait haut en couleur de la comédienne, Guillaume Nicloux montre qu’il est un cinéaste éclectique. Et Sandrine Kiberlain une actrice talentueuse.
« N’y a-t-il point quelque danger à contrefaire le mort ? », s’inquiète Argan dans Le Malade imaginaire. Sarah Bernhardt (1844-1923) a interprété de nombreux rôles d’homme (être ou ne pas être Hamlet ?) mais jamais l’hypocondriaque de Molière. Elle a en revanche souvent contrefait la morte sur scène, reine de l’agonie sans rivale. Le film de Guillaume Nicloux évoque ce goût du morbide de la comédienne dès sa séquence d’ouverture, mise en abyme vertigineuse et réjouissante. Sandrine Kiberlain expire avec délectation.
Le scénario de Nathalie Leuthreau rappelle les excentricités de Sarah Bernhardt. Elle aime répéter ses rôles dans un cercueil. Elle vit entourée d’animaux sauvages – un lynx remplace ici le puma qu’elle promenait au bout d’une laisse. Mais Sarah Bernhardt, la Divine n’est pas un catalogue des caprices d’une star. C’est le portrait d’une comédienne mondialement connue et d’une femme puissante qui défie les conventions. Un portrait…
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