Le président qui cède sa place à Donald Trump a mis en garde mercredi contre l’influence grandissante du «complexe techno-industriel» qui est une «menace» pour la démocratie.
La référence n’est pas passée inaperçue. Joe Biden a conclu sa très longue carrière politique par quelques mots prononcés mercredi soir, qui font directement écho au discours d’adieu d’Eisenhower, commandant en chef des armées américaines pendant la Seconde guerre mondiale puis président des États-Unis jusqu’en 1961. Joe Biden a mis en garde contre un «complexe techno-industriel» et une «oligarchie» qui gagne en «puissance» et en «influence», représentant «une menace» pour la démocratie.
Son lointain prédécesseur républicain avait alerté de son côté contre l’«influence injustifiée» d’un «complexe militaro-industriel» dans le pays. Paradoxalement, cette allocution d’une dizaine de minutes (15 pour Joe Biden), où Dwight Eisenhower tirait sa révérence, est un des discours les plus marquants de sa présidence.
Mouvement anti-impérialiste
En pleine guerre froide, le chef d’État met en garde contre les liens entre les intérêts vitaux de défense de la nation américaine, et les intérêts des entreprises privées qui produisent et fournissent les programmes d’armements votés par le Congrès. «Le risque d’une montée désastreuse du pouvoir mal placé existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés ou nos processus démocratiques», dit l’ancien général devenu président.
Cette alerte sera notamment reprise par le grand mouvement anti-impérialiste qui se développe aux États-Unis pendant la guerre du Vietnam. Ancien chef de guerre et président du parti républicain, Eisenhower, à 71 ans, est un des plus vieux présidents du XXe siècle. Mais son discours résonne dans la jeunesse des années 1960, qui comprend d’ailleurs à l’époque le jeune Joe Biden, âgé de 19 ans au moment où Eisenhower termine son deuxième mandat.
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