ENTRETIEN – Historien et directeur des études iraniennes à Stanford, le Dr Abbas Milani analyse les conséquences des bombardements israéliens et américains pour l’Iran.
LE FIGARO. – Les États-Unis et l’Iran sont ennemis depuis la révolution de 1979. Il semble cependant que les opinions publiques américaine et iranienne sont toutes deux hostiles à une confrontation : l’antagonisme est-il moins profond, ou bien a-t-il évolué ?
ABBAS MILANI. – Les perceptions du public à un moment donné ne sont pas nécessairement les plus importantes d’un point de vue historique. Malgré la longue liste de griefs qui remonte à la prise d’otages de leurs diplomates en 1979 pour les Américains, et au coup d’État de 1953 contre Mossadegh pour les Iraniens, les préoccupations se sont atténuées.
En Iran, l’image de l’Amérique a radicalement changé. Les Iraniens n’ont dans leur majorité jamais été aussi antiaméricains que le prétendait le régime iranien ces dernières années, et ne considèrent pas les États-Unis comme le « grand Satan », selon la formule que répète Khamenei. La réalité est beaucoup plus complexe.
Et même les griefs historiques véhiculés par le régime…
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