LE NUC PLUS ULTRA – Le retour miraculeux du groupe de Sheffield et une réédition du duo américain sont au menu de la semaine.
Pulp, More (Rough Trade)
Dire que l’on n’attendait plus rien de ce fantastique groupe anglais né à la fin des années 1970 relève de l’euphémisme. Après une carrière impeccable, ponctuée par deux grands albums (Different Class et This is Hardcore), la formation emmenée par Jarvis Cocker a décidé de confectionner un nouvel album. 24 ans après le décevant We Love Life, réalisé par le légendaire Scott Walker, More est une réussite éclatante. Cette fois-ci, les Anglais ont fait appel à l’excellent James Ford, collaborateur des Arctic Monkeys comme de Depeche Mode et de Fontaines DC, qui ne compte que des réussites à son actif. Un choix pertinent et efficace, qui fait ressortir ce que l’on a toujours adoré chez Pulp : ces rythmiques discoïdes et ces sons de synthé tout droit sortis des années 1990.
Et aussi, les paroles de Jarvis Cocker, un des meilleurs chroniqueurs de l’Angleterre avec Ray Davies, Morrissey et quelques autres. L’auteur de Common People, tube paradoxal de 1996, délivre des textes cette fois-ci plus personnels. À soixante ans passés, ce sex-symbol aux lunettes démesurées lâche les freins. On le sent soulagé de retrouver la formation qu’il a assemblée tout juste adolescent, en 1978. Après plusieurs retrouvailles sur scène à partir de 2011, Cocker semble heureux d’être revenu au bercail. Il offre au passage à ses camarades une belle brassée de chansons, bien plus inspirées que tout ce qu’il a écrit en solo. Un huitième album en forme de petit miracle.
Steely Dan, The Royal Scam (Universal Music)
Longtemps, les admirateurs de ce duo américain ont rasé les murs. Il ne faisait pas bon aimer cette musique ultra-sophistiquée en pleine période grunge ou lo-fi, par exemple. Mais les détracteurs de Steely Dan, qui ont eu le bon goût de se raviser depuis, passaient à côté des cerveaux bouillants de Walter Becker et Donald Fagen. Initialement sorti en 1976, un an avant le classique Aja, The Royal contient les tubes Kid Charlemagne (avec un chorus de guitare extravagant joué par Larry Carlton, peut-être un des plus beaux de l’histoire) et The Fez. Cette nouvelle version bénéficie d’une masterisation signée Bernie Grundman. C’est aussi l’album de Haitian Divorce, morceau culte.
Steely Dan y déploie son art haut de gamme : chansons savantes aux harmonies héritées du jazz, paroles acerbes et ironiques, accompagnateurs triés sur le volet, son ultra-léché. Depuis une dizaine d’années, le groupe, désormais amputé de Walter Becker, est même redevenu à la mode. Ces nouvelles versions en vinyle vont permettre à une nouvelle génération d’entendre une des formations les plus singulières de la scène rock des 50 dernières années.
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