Balayé à Monaco le week-end passé, l’Olympique de Marseille, qui a perdu cinq de ses sept derniers matchs, accueille ce samedi (21h) la lanterne rouge Montpellier au stade Vélodrome.
L’OM n’a (vraiment) plus le droit à l’erreur. En chute libre depuis deux mois, l’Olympique de Marseille accueille, ce samedi (21h) au stade Vélodrome, son voisin sudiste de Montpellier avec la peur au ventre. Et une obligation de victoire, si possible avec la manière. Car, le week-end passé, l’équipe entraînée par Roberto De Zerbi a touché le fond à Monaco (défaite 3-0), sa cinquième défaite lors de ses sept derniers matchs, perdant sa place de dauphin au classement récupérée par l’ASM. Les chiffres sont alarmants depuis le 22 février dernier et le cuisant revers, déjà, sur la pelouse d’Auxerre (3-0), qui avait découlé sur la colère incontrôlée du président Pablo Longoria contre l’arbitrage français. En sept journées donc, les Phocéens n’ont engrangé que six points (pénibles victoires face à Nantes puis Toulouse) et ne doivent leur maintien sur le podium qu’à l’irrégularité de leurs concurrents (Nice, Lille, Lyon…).
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Si l’objectif vital de la qualification en Ligue des champions reste plus que jamais d’actualité dans ce sprint final, personne n’est dupe à Marseille. La crise pointe le bout de son nez et il est grand temps de remettre le navire à flot. Tapi dans l’ombre ces dernières semaines – en raison notamment de sa suspension de 15 matchs qui l’interdit d’accès aux vestiaires et au terrain – le président Longoria l’a bien compris. «Notre objectif aujourd’hui est clair: gagner contre Montpellier. Nous restons troisièmes, et nous avons notre destin entre les mains. Il faut avancer étape par étape, sans chercher plus loin», a écrit le dirigeant espagnol sur LinkedIn, mardi, sortant du silence pour tempérer «la colère» et «la frustration» des supporters qu’il dit comprendre.
«La tactique n’est pas le problème»
Avant d’ajouter, mobilisateur : «Je vois, chaque jour, des joueurs qui travaillent, un coach et un staff engagé et des salariés qui tiennent ce club avec force, souvent dans l’ombre. Je ne parle pas ici pour créer un effet. Je parle parce que je crois profondément en ce que nous faisons. Et parce que je sais que ce groupe, ce club, est capable de se relever, comme toujours, ensemble. On aura besoin de tout le monde. Sur le terrain, dans les bureaux, et dans les tribunes. Et nous allons y aller. Sans bruit. Sans peur. Avec détermination.»
La détermination, valeur mentale qui a semblé faire défaut aux joueurs olympiens – Mason Greenwood et Luis Henrique en tête – lors de la seconde période cauchemardesque au stade Louis-II de Monaco. Diagnostic posé aussi par l’entraîneur De Zerbi. «Toute l’année, j’ai parlé de la mentalité, c’est le problème qui n’a sans doute pas été résolu. C’est une question d’équipe. Le système de jeu n’est pas la solution. Les trois choses, ce sont le cerveau, le cœur et les c*****, a lancé sans filtre le technicien italien ce vendredi en conférence de presse à la Commanderie, refusant d’évoquer un problème de jeu au cœur de cette série noire. C’est le cerveau et le cœur qui font changer les choses, pas la tactique. Je suis fou de tactique, mais ce n’est pas le problème de l’OM. Quand tu as la tête et le cœur, tu peux tout changer et obtenir des résultats. Sans ça, l’aspect tactique ne compte pas.»
Pire défense depuis 1985
Il n’est pas difficile, tout de même, de constater que l’OM, au-delà d’un déficit d’envie, prend l’eau de toutes parts dès que l’adversaire accélère ces derniers temps. Avec 41 buts encaissés en 29 journées de championnat, la défense olympienne est la pire de l’histoire du club depuis… la saison 1984/1985. Le capitaine Leonardo Balerdi blessé au genou gauche et encore absent – il pourrait effectuer son retour «la semaine prochaine» dixit De Zerbi -, les Geoffrey Kondogbia, Derek Cornelius, Amir Murillo et autres Pol Lirola voient déferler des vagues que le système (inefficace mais inamovible ?) en 3-4-3 installé par le coach marseillais peine à endiguer. La faute, aussi, à des cadres en difficulté au milieu de terrain (Højbjerg, Rongier, Bennacer…) et des attaquants (Maupay, Greenwood, Gouiri…) inefficaces au pressing et trop peu dangereux avec le ballon.
Comme si l’OM, fiable durant l’hiver, avait perdu tous ses repères collectifs. «J’essaye d’être réaliste. J’ai vu à Monaco une bonne première mi-temps, on a été patrons du milieu et on a eu des occasions. Demain (samedi), on a le potentiel pour l’emporter et revenir à la deuxième place ou creuser l’écart avec nos poursuivants», a positivé De Zerbi, «optimiste» alors que son équipe pointe à la 9e place au classement de la phase retour (16 points pris en 12 matchs). «Il faut remporter le match sur le terrain samedi et pas avec le bla-bla», a-t-il ajouté.
Le MHSC, proie idéale
Le constat (alarmant) dressé, les Marseillais peuvent au moins positiver sur un point : samedi, ils affrontent Montpellier. Le MHSC, l’indiscutable lanterne rouge de Ligue 1 qui a abandonné depuis longtemps son objectif de maintien pour préparer la saison prochaine en Ligue 2. Sous les ordres de Zoumana Camara, remplaçant de Jean-Louis Gasset parti il y a une dizaine de jours. Les statistiques parlent d’eux-mêmes : avec leurs 15 points au compteur, les Héraultais restent sur dix défaites consécutives avec un seul petit but marqué sur la période (!). Sur le papier, difficile alors d’imaginer une surprise au stade Vélodrome. D’autant qu’un OM averti, celui qui a trouvé le moyen de relancer un Stade de Reims dans le trou (3-1), en vaut normalement deux selon l’expression consacrée.
Pendant que Monaco (2e) et Strasbourg (5e) vont croiser le fer (samedi 19h) et qu’un Lyon (4e) groggy a rendez-vous à Saint-Étienne (dimanche 20h45), les Phocéens peuvent faire une pierre deux coups ce week-end : reprendre confiance et gratter des points à leurs rivaux avant de défier Brest, Lille, Le Havre puis Rennes en clôture de la saison. Sous pression, Adrien Rabiot et ses coéquipiers pourront compter, au moins au coup d’envoi, sur le soutien d’un Vélodrome annoncé à guichets fermés pour la 15e fois consécutive. Plus de 66.200 supporters olympiens sont attendus Boulevard Michelet, nouveau record d’affluence. Pour, enfin, un rebond sur le terrain à la hauteur des ambitions du club ?
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